Une sortie médiatique qui fait polémique
Claude Ibalanky, présenté comme un proche du président Félix Tshisekedi, s’est affiché aux côtés des autorités du M23/AFC lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 31 janvier à Goma. Face aux journalistes, l’ancien responsable du mécanisme de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba a affirmé agir en toute indépendance, tout en soutenant ne pas avoir encore adhéré officiellement au mouvement rebelle.
Cette prise de parole publique a immédiatement suscité une vague de réactions sur la scène politique et dans l’opinion, certains n’hésitant pas à le qualifier de « traître » au regard du contexte sécuritaire et de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Jacquemain Shabani minimise la portée politique
Réagissant à cette sortie médiatique, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a tenu à relativiser l’importance politique de l’acte posé par Claude Ibalanky.
Selon lui, « il ne s’agit d’aucune situation politique », soulignant qu’Ibalanky n’a jamais été cadre de l’Union sacrée de la nation et qu’il n’y a occupé aucune fonction officielle.
Accusations de “congolisation” de l’agression
Le VPM de l’Intérieur est allé plus loin en dénonçant ce qu’il qualifie de stratégie du Rwanda et de ses supplétifs du M23, visant à « congoliser l’agression » contre la RDC. Il évoque l’implication présumée de l’ancien président Joseph Kabila dans cette dynamique, ainsi que la circulation de fonds destinés à recruter des Congolais en perte de vitesse politique afin de donner une façade nationale à un mouvement soutenu, selon lui, depuis Kigali.
Des mises en garde fermes contre les “traîtres”
Jacquemain Shabani a également lancé une mise en garde sans équivoque, annonçant que les autorités identifieront progressivement les Congolais impliqués dans cette démarche. « Des traîtres comme Ibalanky seront identifiés au fur et à mesure, dès la semaine prochaine et dans les jours qui suivront », a-t-il déclaré, affirmant que d’importantes sommes d’argent ont circulé pour justifier un dialogue souhaité par Kigali.
Cette affaire relance le débat sur les loyautés politiques, la manipulation des acteurs nationaux et les stratégies régionales autour du conflit armé qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC.
La Rédaction
