L’interdiction des motocyclistes dans le centre-ville de Lubumbashi est un sujet qui ne cesse de revenir sur le devant de la scène. Bien que des mesures aient été prises à plusieurs reprises pour réguler cette activité, le désordre urbain persiste et les efforts des autorités semblent souvent vains.

Les premières mesures d’interdiction des motards dans le centre-ville datent des années. En février 2020 avec l’entrée de Laurianne Kalombo Mwewa à la tête de la mairie, des tentatives ont été faites pour assainir le centre commercial en limitant l’accès des motocyclistes. Ces efforts étaient motivés par la nécessité de réduire le désordre causé par la circulation intense et l’absence de réglementation.

Malheureusement, ces mesures se sont heurtées à une forte résistance de la part des syndicats de motards et n’ont pas abouti.

Sous son mandat à la tête de la mairie, Martin Kazembe Shula se proposait de rétablir l’ordre en instaurant des zones d’attente pour les motards, tout en offrant des formations sur la conduite responsable. Toutefois, le manque de suivi et de contrôle a fait échouer cette initiative, laissant le problème entier non résolu.

Actuellement, la Maire intérimaire Joyce Tunda Chansa a relancé le débat sur l’interdiction des motards au centre-ville.

Après une trêve accordée pour permettre aux motards d’accéder à certaines zones commerciales, Chansa souhaite maintenant adopter une approche plus rigoureuse et structurée.

L’accent est mis sur la nécessité d’un partenariat avec les motocyclistes, rallumant l’importance d’une coordination efficace pour rétablir l’ordre.

Le soutien de la nouvelle coordination des motocyclistes, dirigée par Justin Biduaya, est censé apporter un souffle nouveau à ces efforts. Ce dernier s’engage à mobiliser les membres de cette structure pour suivre les directives de la mairie.

L’idée est que les motocyclistes deviennent eux-mêmes des agents de changement en respectant les règles et en contribuant à une meilleure image de leur profession.

Ces initiatives, bien que louables, peinent à se faire entendre face à l’énorme résistance des motards qui voient ces réglementations comme des restrictions injustes à leur droit de circuler.

Le désordre causé par la circulation non régulée des motocyclistes a des conséquences tangibles sur la vie urbaine. Les embouteillages, les nuisances sonores et l’insécurité routière en sont quelques manifestations.

D’innombrables accidents ont été signalés, et l’inefficacité des mesures passées a laissé les citoyens frustrés et méfiants envers les autorités. Cette situation nécessite une solution à long terme, mais jusqu’à présent, aucune stratégie n’a réussi à s’imposer durablement.

Pour certains analystes des questions socio-politiques :

« Un dialogue ouvert entre la mairie, les motards et la société civile est essentiel. Les véritables solutions doivent naître de la concertation plutôt que de la contrainte. La compréhension des défis du métier de motard, combinée à des réglementations claires et des infrastructures adaptées, pourrait permettre d’allier les intérêts de tous les acteurs concernés »,pensent-ils.

Loss-Adonis Ngoyi