Depuis la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le 16 mai 2026, la province de l’Ituri est au cœur d’une mobilisation sanitaire d’urgence. Face à la propagation du virus, la MONUSCO a immédiatement activé ses capacités logistiques aériennes afin de soutenir les efforts des autorités congolaises et des partenaires humanitaires engagés dans la riposte.

Dès les premières heures de la réponse, un pont aérien a été mis en place pour accélérer l’acheminement des équipements essentiels vers Bunia, épicentre de la coordination provinciale. Le 17 mai, un premier lot d’environ cinq tonnes de matériel médical d’urgence a été livré en provenance de Nairobi, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette cargaison comprenait des équipements de protection individuelle, des médicaments, des fournitures de laboratoire ainsi que des tentes destinées à la prise en charge des patients.

Dans la continuité de cet effort, la MONUSCO a également facilité le transport de moyens logistiques supplémentaires, notamment quatre véhicules et deux motos acheminés depuis Goma et Entebbe, renforçant ainsi la mobilité des équipes sur le terrain. Le 20 mai, une nouvelle livraison de onze tonnes de matériel est arrivée à Bunia à bord d’aéronefs affrétés dans le cadre de la mission onusienne, en provenance de Kinshasa et de Nairobi.

En l’espace de quatre jours, ce sont près de 30 tonnes d’équipements qui ont été acheminées vers la province, traduisant l’ampleur et la rapidité de la mobilisation internationale face à la résurgence de la maladie.

Au-delà de l’aspect logistique, la MONUSCO déploie également ses composantes civiles, militaires et policières dans des activités de sensibilisation communautaire. À Tchabi, dans le territoire d’Irumu, des séances d’information ont été organisées le 18 mai afin de rappeler les mesures de prévention, notamment l’hygiène et les risques liés à la consommation de viande de brousse.

Une initiative similaire a été menée le 19 mai à Fataki, ciblant les populations déplacées et les communautés locales, avec un accent sur le lavage des mains, la reconnaissance des symptômes et la prévention des contacts à risque.

Selon les données sanitaires du 18 mai, la province de l’Ituri enregistre 457 cas suspects et 33 décès récents, dont quatre confirmés, portant le total à 131 décès depuis le début de l’épidémie.

Dans ce contexte préoccupant, les autorités sanitaires rappellent l’importance du respect strict des mesures de prévention, alors qu’aucun traitement spécifique ni vaccin n’est encore disponible contre cette souche du virus.

Gires Kasongo