L’Organisation non gouvernementale de défense des droits humains (ONGDH) PROTECTION PLUS exprime sa vive préoccupation après l’arrestation du défenseur des droits humains Christophe Munyanderu, survenue le 1er août 2026 dans la chefferie des Walese-Vonkutu, en territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri.
Dans une déclaration rendue publique à Mambasa, l’organisation indique que Christophe Munyanderu aurait été interpellé par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) basés à Otomaber, avant d’être transféré à Ndimo.
Selon l’ONGDH PROTECTION PLUS, cette arrestation serait intervenue après que le défenseur des droits humains a dénoncé publiquement l’interpellation de plusieurs cultivateurs trouvés en possession de jetons qui leur auraient été imposés par les rebelles des ADF, ainsi que les amendes qui leur auraient été infligées.
L’organisation estime que les défenseurs des droits humains ne doivent pas être inquiétés pour avoir exercé leur mission de surveillance, de documentation et de dénonciation des violations des droits fondamentaux. Elle considère que les arrestations arbitraires, les intimidations et les représailles visant les acteurs de la société civile constituent une atteinte grave aux libertés fondamentales et à l’État de droit.
L’ONG rappelle que les populations des territoires de Beni, Mambasa et Irumu continuent de subir les conséquences des violences attribuées aux ADF. Dans ce contexte, elle souligne que les défenseurs des droits humains devraient être considérés comme des partenaires dans la protection des civils plutôt que comme des adversaires.
PROTECTION PLUS exige ainsi la libération immédiate et sans condition de Christophe Munyanderu, si son arrestation est effectivement liée à l’exercice pacifique de ses activités de défense des droits humains.
L’organisation appelle également les autorités militaires et judiciaires compétentes à garantir le respect des droits fondamentaux de toute personne privée de liberté et à veiller à ce qu’aucun défenseur des droits humains ne soit victime de menaces, d’intimidations ou de poursuites en raison de son engagement en faveur de la justice, de la paix et de la protection des populations civiles.
Enfin, l’ONGDH PROTECTION PLUS invite les autorités compétentes, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), les organisations de la société civile ainsi que les partenaires nationaux et internationaux à suivre de près cette affaire afin de garantir le respect des droits de Christophe Munyanderu et le déroulement de toute éventuelle procédure dans le respect des garanties d’un procès équitable.
Dans sa déclaration, l’organisation conclut que « faire taire les défenseurs des droits humains ne mettra pas fin à l’insécurité », estimant que leur protection demeure indispensable au renforcement de l’État de droit, à la lutte contre l’impunité et à la recherche d’une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo.
Gires Kasongo
