La progression des rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) dans les profondeurs forestières du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile.

Dans une déclaration rendue publique mercredi 18 mars, Christophe Munyanderu, chef d’antenne de l’Association pour la promotion des droits des enfants et la protection des femmes vulnérables (APDEPF), alerte sur une menace sécuritaire grandissante qui pourrait s’étendre aux provinces voisines.

Selon cet acteur de la société civile, cette situation met en danger non seulement les populations locales, mais également celles des provinces de la Tshopo et du Haut-Uele, en raison de leur proximité avec cette vaste zone forestière désormais infiltrée par les rebelles.

« Après plusieurs attaques perpétrées dans différentes chefferies de Mambasa, les ADF semblent progresser en direction de Kisangani », a-t-il indiqué, citant notamment l’attaque de Babesua comme un signal particulièrement alarmant.

Cette avancée fait craindre une extension du conflit vers des zones jusqu’ici relativement épargnées. Au-delà de la menace humaine, Christophe Munyanderu met également en garde contre les risques environnementaux.

La Réserve de faune à okapis (RFO), site classé patrimoine mondial, se retrouve aujourd’hui exposée à des dangers accrus.

« La présence des ADF dans cette zone pourrait favoriser le braconnage ainsi que l’exploitation illégale des ressources naturelles, mettant en péril les okapis », a-t-il prévenu.

Face à cette situation préoccupante, il appelle à une réponse urgente, coordonnée et adaptée du gouvernement congolais. Il insiste sur la nécessité de mobiliser des moyens conséquents pour traquer ces groupes armés dans des zones forestières particulièrement difficiles d’accès.

Il rappelle à cet égard l’expérience du territoire de Beni, notamment dans la vallée de Mwalika, où les ADF s’étaient retranchés pendant plusieurs années, causant de lourdes pertes tant parmi les civils que dans les rangs des forces armées.

Par ailleurs, Christophe Munyanderu déplore les limites des opérations militaires menées jusqu’à présent, notamment les offensives conjointes FARDC-UPDF, qui n’ont pas permis d’éradiquer durablement la menace.

Selon lui, ces insuffisances auraient même favorisé la dispersion et l’expansion des rebelles vers de nouvelles zones.

Il souligne également les contraintes logistiques auxquelles sont confrontées les FARDC, notamment le manque d’équipements adaptés aux opérations en milieu forestier. Une situation qui complique davantage l’identification des assaillants, ces derniers recourant fréquemment à des civils comme boucliers humains.

Dans ce contexte, il appelle les autorités provinciales de la Tshopo et du Haut-Uele à anticiper cette menace en renforçant les dispositifs sécuritaires et en plaidant pour un déploiement accru des forces armées.

Enfin, Christophe Munyanderu exhorte les populations civiles à faire preuve de vigilance, à éviter les zones à risque et à privilégier les espaces sécurisés, rappelant les tragédies enregistrées dans plusieurs localités de Beni et Mambasa, marquées par de nombreuses pertes en vies humaines et des disparitions.

Gires Kasongo