Le président honoraire de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, est sorti de son silence après l’annonce de la création du Front pour la restauration de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire annoncée à Goma et qui associerait des forces politiques proches de l’ancien président Joseph Kabila à la rébellion du M23.

Dans une déclaration au ton ferme, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) dénonce ce qu’il considère comme un double discours politique.

« On ne peut prôner la paix par la parole et appeler à la rébellion par les actes. Le 9 octobre, un discours sur la paix ; le 12, une coalition politico-militaire avec l’AFC/M23 annoncée à Goma. Notre peuple a trop payé. Unité nationale autour du chef de l’État », a-t-il déclaré.

Pour Vital Kamerhe, le contraste entre ces deux événements illustre une attitude contradictoire. D’un côté, un discours présenté comme favorable à la paix et au rassemblement national, tenu le 9 octobre. De l’autre, trois jours plus tard, l’annonce à Goma d’une coalition politico-militaire associant des acteurs proches de l’ancien régime à la rébellion de l’AFC/M23.

Le président de l’Assemblée nationale estime que cette situation est de nature à raviver les tensions dans un contexte marqué par les violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo.

En appelant à l’unité nationale autour du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe plaide pour une cohésion des forces politiques face à la crise sécuritaire qui continue d’affecter plusieurs régions du pays.

Cette prise de position intervient dans un contexte de recomposition politique, marqué par de vives tensions entre le pouvoir en place et les partisans de l’ancien président Joseph Kabila, accusé par des responsables de la majorité de contribuer à la déstabilisation de l’Est du pays.

La déclaration de Vital Kamerhe était particulièrement attendue après l’annonce du FRN, placé sous la direction de Joseph Kabila. Elle permet au président de l’Assemblée nationale de clarifier sa position face à cette nouvelle dynamique politique.

Après la prise de position de celui que l’on surnomme « Mwalimu », l’attention se tourne désormais vers le professeur Modeste Bahati Lukwebo, dont la réaction est également attendue.

Zephyrin Amboka Pengume