Un message de paix à l’Institut français
L’Institut français de Kinshasa a servi de cadre, ce jeudi, à la célébration de la Journée de l’amitié franco-allemande, marquée par des échanges, des témoignages et des réflexions sur les chemins de la paix. Cette commémoration a mis en avant l’expérience de réconciliation entre la France et l’Allemagne comme source d’inspiration pour les régions en conflit, notamment la région des Grands Lacs.
Organisée par les ambassades de France et d’Allemagne en République démocratique du Congo, la rencontre commémorait la signature du Traité de l’Élysée de 1963, considéré comme le fondement du partenariat entre les deux pays.
Rémi Maréchaux, ambassadeur de France en RDC, a rappelé que cette journée dépasse le simple cadre mémoriel. Selon lui, elle constitue une invitation à explorer les voies de la paix dans des contextes marqués par la violence, soulignant que la réconciliation, bien que longue et complexe, reste possible grâce à la mémoire, au dialogue et à une volonté politique ferme.
La France et l’Allemagne parlent d’une seule voix sur les droits humains
De son côté, Ingo Herbert, ambassadeur d’allemagne a insisté sur la portée symbolique de cette célébration, rappelant que le Prix franco-allemand des droits humains, créé en 2016, porte un message politique fort : lorsque les valeurs fondamentales sont menacées, Paris et Berlin s’expriment d’une seule voix.
Au-delà des discours, la soirée a donné lieu à un échange interactif entre diplomates, experts, journalistes et membres de la société civile autour du thème «Mémoire, dialogue et réconciliation : l’exemple franco-allemand face aux défis des Grands Lacs».
Fred Bauma a évoqué la situation sécuritaire dans l’Est du pays, appelant à un leadership clairvoyant et à des initiatives communes pour rompre le cycle des violences. Il a également souligné l’importance de reconstruire la confiance entre les communautés.
Interrogé sur la comparaison entre le conflit franco-allemand et la crise rwando-congolaise, l’ambassadeur de France a rejeté les accusations de guerre par procuration, invitant à s’appuyer sur des preuves documentées et les rapports d’experts internationaux.
Un prix pour saluer l’engagement d’une défenseuse des droits humains
Moment fort de la soirée, la remise du Prix franco-allemand des droits humains 2025 à Nelly Godelive Mbangu Madieka a mis en lumière son engagement de plus de vingt ans en faveur des droits des femmes et des populations vulnérables dans l’Est de la RDC.
La lauréate a dédié cette distinction à l’ensemble des défenseurs des droits humains et a appelé à une mobilisation collective pour mettre fin aux violences persistantes dans sa région.
Une leçon d’histoire pour l’avenir des Grands Lacs
La projection d’un documentaire retraçant les décennies de rivalité franco-allemande a permis aux participants de mesurer le chemin parcouru par ces deux nations jadis ennemies. Pour beaucoup, cette expérience constitue une leçon : même un conflit ancien et meurtrier peut être surmonté lorsque les peuples choisissent la coopération plutôt que la confrontation.
Les participants ont appelé les ambassades à multiplier ce type d’initiatives afin de nourrir l’espoir au sein des communautés affectées par un conflit qui dure depuis près de trente ans. À l’image de la réconciliation franco-allemande, la région des Grands Lacs pourrait, elle aussi, tracer une voie vers une paix durable fondée sur la mémoire partagée, le dialogue sincère et la volonté de vivre ensemble.
Jacques Amboka Mokoko
