À l’approche de la journée dite « ville morte » prévue ce mercredi 3 juin 2026, le climat politique congolais connaît une nouvelle phase de crispation. Cette mobilisation, initiée par les forces de l’opposition pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle en discussion, met en lumière les profondes divergences qui opposent actuellement les acteurs politiques sur les questions de gouvernance et sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.

Dans un contexte marqué par une forte polarisation du débat public, l’opposition appelle les citoyens à suspendre leurs activités quotidiennes et à rester chez eux afin d’exprimer leur désaccord avec les réformes envisagées. En réaction, les autorités gouvernementales multiplient les appels à la poursuite normale des activités économiques, administratives et sociales, estimant que la stabilité du pays et la continuité des services publics doivent être préservées.

C’est dans cette dynamique que le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé aux agents de l’État les principes de neutralité administrative, de discipline professionnelle et d’assiduité qui régissent l’exercice de leurs fonctions. Dans une note de service adressée le lundi 1er juin 2026 aux secrétaires généraux ainsi qu’aux responsables des différents services publics, il a souligné l’obligation pour les fonctionnaires de demeurer à leur poste de travail durant cette journée.

Selon ce document officiel, toute absence non justifiée sera considérée comme une faute administrative susceptible d’entraîner des sanctions disciplinaires conformément aux dispositions réglementaires en vigueur. Le membre du gouvernement a également annoncé le déploiement de missions d’inspection dès le 2 juin afin de vérifier la présence effective des agents dans les administrations publiques à travers le pays.

Cette prise de position institutionnelle intervient par ailleurs dans un environnement déjà marqué par plusieurs déclarations controversées. Au cours du week-end précédent, un militant de l’UDPS, parti au pouvoir, aurait exhorté les opérateurs économiques et les commerçants à maintenir leurs établissements ouverts le 3 juin. Des propos perçus par certains observateurs comme coercitifs, qui ont suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique.

Ainsi, à quelques heures de cette mobilisation nationale, les discours des différents protagonistes traduisent la persistance d’un climat de méfiance politique et d’affrontement idéologique autour de la question de la révision constitutionnelle. Cette séquence politique apparaît désormais comme un test important pour la capacité des institutions, des partis politiques et des citoyens à gérer leurs divergences dans le respect des principes démocratiques et de l’État de droit.

Don de Dieu Mbavu