Le siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), situé dans la commune de la Gombe, a été le théâtre d’une manifestation ce vendredi. Plusieurs dizaines de citoyens s’y sont rassemblés pour exprimer leur opposition aux récentes déclarations des évêques catholiques concernant la conduite des affaires publiques et l’évolution de la situation politique en République démocratique du Congo.
Munis de banderoles, de drapeaux nationaux et de pancartes, les manifestants ont scandé des slogans tels que « Le Congo appartient aux Congolais », « Respectez la souveraineté nationale » et « L’Église à l’Église, l’État à l’État ». À travers cette mobilisation, ils ont exhorté la hiérarchie catholique à s’abstenir de toute implication dans les débats politiques, estimant que la mission de l’Église doit avant tout être pastorale, spirituelle et sociale. Pour ces protestataires, les questions relatives à la gouvernance, aux réformes institutionnelles et aux orientations politiques relèvent exclusivement des institutions républicaines et des acteurs mandatés par le peuple.
Cette manifestation intervient dans un climat politique marqué par les récentes sorties médiatiques de la CENCO sur plusieurs enjeux nationaux. Les évêques catholiques ont notamment réaffirmé leur opposition à toute initiative de révision ou de modification de la Constitution dans le contexte actuel.
Selon eux, une telle démarche, engagée dans un environnement politique et sécuritaire qu’ils jugent particulièrement sensible, pourrait accroître les tensions, affaiblir les institutions de la République et compromettre les efforts en faveur de la stabilité et de la cohésion nationale.
Les organisateurs de la manifestation rejettent cette lecture de la situation. Ils estiment que les prises de position répétées de la CENCO dépassent le cadre de sa mission religieuse et s’apparentent à une ingérence dans le débat politique. Ils invitent les responsables de l’Église catholique à privilégier leur rôle de médiation, de promotion de la paix et d’accompagnement spirituel des populations, tout en laissant aux institutions de la République la responsabilité de conduire les réformes qu’elles jugent nécessaires.
Le rassemblement s’est déroulé sous la surveillance des forces de l’ordre, déployées pour sécuriser les abords du siège de la CENCO et prévenir tout débordement. Selon les informations recueillies sur place, la manifestation s’est achevée dans le calme, sans incident majeur ni affrontement avec les services de sécurité.
À l’heure de la publication de cet article, la CENCO n’avait pas encore réagi officiellement à cette mobilisation. Cette manifestation illustre néanmoins les divergences de perception qui continuent d’alimenter le débat public autour du rôle des confessions religieuses dans la vie politique congolaise, alors que le pays traverse une période marquée par d’importants défis institutionnels, sécuritaires et sociaux.
Don de Dieu Mbavu
