Plus de quatre mois après la démolition des maisons de paisibles citoyens vivant le long de la voie ferrée, aucun travail de réhabilitation n’a, à ce jour, été entrepris sur le site concerné à Kinshasa. Depuis le mois d’août 2025, plusieurs habitations situées le long du rail reliant la Gare centrale à l’aéroport international de N’djili ont été brutalement démolies par l’Office national des transports (ONATRA). Depuis lors, aucun acte concret n’a été posé par cette entreprise publique pour justifier la précipitation observée dans ces opérations de démolition.
Une justification de l’ONATRA peu convaincante
Selon l’ONATRA, ces habitations étaient érigées dans l’enceinte de sa concession et leur destruction se justifiait par des travaux imminents de réhabilitation du réseau ferroviaire urbain, destinés à faciliter la mobilité dans la ville de Kinshasa, régulièrement confrontée à des embouteillages monstres. Pourtant, plus de quatre mois après, le constat fait état d’une absence totale de travaux.
Des travaux toujours inexistants
À la grande surprise de la population, aucun chantier n’a été lancé jusqu’à ce jour. L’ONATRA s’est limitée à déposer quelques sacs d’argile et de sable qui, avec le temps, se sont détériorés sans produire la moindre utilité pour l’État ni pour la population, pourtant bénéficiaire annoncée de cette réhabilitation jugée d’une importance capitale.
Des dépenses incomprises
Plusieurs questions reviennent avec insistance parmi les usagers et les riverains : pourquoi engager d’importantes dépenses pour l’achat et le transport de sacs de sable, alors que les moyens nécessaires pour initier les travaux semblent inexistants ?
Peut-on réellement réhabiliter des rails destinés à supporter des trains transportant des milliers de passagers en utilisant du sable au lieu de caillasses appropriées ?
Soupçons de mauvaise gestion
Face à cette situation, certains citoyens ironisent et estiment que le dépôt de ces matériaux ne serait qu’une « poudre aux yeux », destinée à justifier des sommes prétendument sorties du Trésor public, sans résultats concrets ni services rendus à l’État et à la population, pourtant première bénéficiaire.
Doutes sur les capacités de l’ONATRA
Le scepticisme est d’autant plus grand que l’ONATRA, entreprise publique, traverse régulièrement des périodes de non-paiement de ses agents. Une situation qui amène la population à douter sérieusement de sa capacité à mener à bien ces travaux sans l’appui du gouvernement ou de partenaires extérieurs.
Un danger sanitaire grandissant
Les sites de démolition, laissés sans évacuation des décombres, se transforment aujourd’hui en véritables lacs après les pluies, exposant les populations riveraines à de graves risques de maladies vectorielles. Un danger permanent pour des familles déjà privées de leurs habitations et qui ne savent plus à quel saint se vouer pour reconstruire leur vie.
Des familles abandonnées
Il convient de signaler que plusieurs propriétaires disposaient de documents officiels délivrés par les services cadastraux de l’État. Pourtant, aucune indemnisation ne leur a été accordée, laissant de nombreuses familles sans abri, abandonnées à leur sort après une démolition jugée anarchique.
L’État congolais devrait, à ce titre, assumer sa responsabilité, ces documents ayant été délivrés par ses propres services. Les rejeter reviendrait à se renier lui-même, d’autant plus que les frais perçus pour leur obtention ont été versés au Trésor public.
Zéphyrin Pengume
