À Kisangani, les autorités urbaines cherchent à apaiser un climat de tensions croissantes après la dispersion musclée d’une marche pacifique organisée pour dénoncer la dégradation persistante de la connexion internet dans la ville.
Une réunion tripartite est annoncée pour ce lundi 13 avril 2026 maire, Eugénie Wandandi, et une délégation d’une trentaine de jeunes issus de mouvements citoyens. Ces derniers avaient été dispersés par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène et de tirs de sommation, alors qu’ils protestaient contre la mauvaise qualité du service internet. Trois manifestants ont été interpellés lors de l’opération.
Face à des jeunes particulièrement remontés, l’autorité urbaine a reconnu les défaillances du réseau, un problème récurrent qui perturbe également le fonctionnement de certains services essentiels, y compris ceux liés à la sécurité.
Elle a néanmoins assuré que des démarches sont en cours pour améliorer la situation, évoquant des consultations engagées par le gouverneur de la province de la Tshopo avec les opérateurs de télécommunications.
De leur côté, les manifestants dénoncent un usage jugé disproportionné de la force lors de la dispersion, évoquant des insultes, des menaces et des violations de leur droit de manifester. En présence du commandant urbain de la Police nationale, ils ont également mis en cause l’attitude de l’autorité municipale.
À l’issue des échanges, un compromis a été trouvé : suspension temporaire des manifestations de rue et ouverture d’un dialogue direct avec les opérateurs Airtel, Orange et Vodacom.
Les jeunes comptent y présenter leurs revendications, tandis que les opérateurs devront s’expliquer sur la qualité de leurs services.
Depuis plus d’un mois, Kisangani fait face à une forte instabilité de la connexion internet, aux lourdes conséquences sur plusieurs secteurs, notamment la presse en ligne locale, contrainte de s’adapter pour maintenir ses publications.
Don de Dieu Mbavu
