Alors que Kinshasa s’efforce de désamorcer la crise qui déchire l’Assemblée provinciale du Kongo Central, les tensions semblent loin de s’apaiser. En dépit des recommandations formulées par les autorités centrales en faveur d’un gel des activités institutionnelles, le bureau réhabilité de l’organe délibérant provincial a décidé de reprendre ses travaux, au risque de compromettre les efforts de médiation engagés depuis plusieurs semaines.
Lors des consultations organisées dans la capitale congolaise, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait pourtant fixé un cadre précis pour la poursuite du dialogue.
Face à la rivalité persistante entre les deux camps opposés, il avait préconisé le maintien d’un statu quo institutionnel ainsi que la suspension de toute initiative susceptible d’exacerber les tensions politiques. L’objectif affiché était de favoriser un climat propice à la recherche d’un consensus durable.
Mais sur le terrain, les espoirs d’un rapprochement se sont rapidement heurtés à l’intransigeance des protagonistes. Les différentes rencontres organisées au Kongo Central n’ont pas permis de réduire le fossé qui sépare les deux blocs. Une réunion convoquée récemment dans la province a une nouvelle fois illustré la profondeur des divisions qui paralysent l’Assemblée provinciale.
S’appuyant sur l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui a conduit à sa réhabilitation, le bureau dirigé par Papy Mantezolo Diatezua a réuni une vingtaine de députés provinciaux autour de sa démarche.
À l’inverse, le camp du changement emmené par Victor Nsuami Mpaka, président sortant de l’Assemblée provinciale, a choisi de boycotter les discussions, estimant que les conditions d’un dialogue crédible n’étaient pas réunies.
Malgré l’absence d’accord entre les parties, le bureau réhabilité a franchi une nouvelle étape en annonçant la tenue d’une séance plénière ce lundi 15 juin à Matadi. Cette initiative marque un tournant dans la gestion de la crise et relance le débat sur le respect des engagements pris lors des consultations de Kinshasa.
Au centre de cette séance figure l’examen de l’édit relatif au découpage administratif de Nkamba, un dossier stratégique relancé récemment par le gouvernement central dans le cadre du projet d’érection de cette cité en entité à statut spécial. Soucieux d’accélérer ce processus, Kinshasa avait demandé au gouverneur du Kongo Central, Grâce Bilolo, de transmettre le dossier accompagné de l’avis de l’Assemblée provinciale.
Cependant, au-delà du dossier Nkamba, c’est la portée politique de cette plénière qui suscite de nombreuses interrogations. Pour plusieurs observateurs, la reprise des activités parlementaires dans un contexte où la médiation n’a produit aucun compromis pourrait être perçue comme une remise en cause de la feuille de route définie par le ministère de l’Intérieur.
À mesure que les positions se radicalisent, l’Assemblée provinciale du Kongo Central demeure plongée dans une crise dont l’issue reste incertaine.
La capacité des acteurs politiques à renouer le dialogue apparaît désormais comme la condition essentielle pour éviter une aggravation des tensions institutionnelles dans la province.
Don de Dieu Mbavu
