vendredi 19 mars 2021

Voici un mois que le pays compte deux Premiers ministres. L’entrant et le sortant. Celui-ci n’en finit pas de sortir. Celui-là n’en finit pas d’entrer. Nommé le 15 février dernier en qualité de chef du gouvernement, Sama Lukonde n’est toujours pas totalement Premier ministre ! Victime d’une motion de défiance à l’Assemblée nationale le…, Sylvestre Ilunga est encore Premier ministre sans l’être vraiment.

C’est l’image de la chauve-souris. Pas vraiment une souris. Pas non plus parfaitement un oiseau. C’est l’état de l’eau tiède. Pas franchement chaud. Pas vraiment froid non plus.
Résultat, deux Premiers ministres entièrement à part qui se croisent sans se rencontrer. A l’arrivée, aucun Premier ministre à part entière.

Le pays nage dans l’entre-deux. Pendant combien de temps ? Question pertinente au pays du provisoire qui dure ; des intérims qui valent mandat !

Sur le départ sans partir, Ilunga Ilunkamba aura vécu cette spécificité rd congolaise dans les deux sens. Nommé Premier ministre en pleine lune de miel du couple FCC-CACH, le premier Premier ministre de notre « Fatshi national » a attendu cinq mois avant de s’installer et… d’installer sur la juteuse -l’aveu est d’un de ses lointains devanciers – avenue Roi Baudouin.

Longtemps donc, il a été chef du gouvernement sans gouvernement. A l’instar d’un général sans troupes. Cependant que le sortant d’alors, le très socialiste Tshibala avait des troupes sans munitions. En clair, ni l’un ni l’autre ne détenait l’impérium.
Faisant sien l’axiome aristotélicien selon lequel « la nature a horreur du vide », la Présidence de la république se fera fort d’occuper le terrain. Ainsi naquirent les « cents glorieux » du Président.

Arrêtons-nous, car la suite s’avérera moins glorieuse. Vital Kamerhe, version Mazarin ou Cardinal de Richelieu, sait mieux que quiconque de quoi il retourne.
Retournons à nos moutons présents pour constater un brin de répétition de l’histoire. Avec cette différence de taille. A savoir que le génie politique congolais -que la terre entière nous envie – a produit un antidote au blocage : le bureau d’âge. Cela tombe bien au regard de l’écart entre le chef du gouvernement sortant et le Premier ministre entrant.

Le premier étant septuagénaire et le second quadragénaire. Pas mieux pour un bureau d’âge en attendant la formation du gouvernement de plein exercice !
Après tout, « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait », renseigne un proverbe soluble dans toutes les langues. Y compris le swahili cher aux deux « PM » encore iconoclastes.

José NAWEJ

By 24news