Le cycliste congolais Miguel Masaïsaï est décédé le 18 septembre 2026 dans un accident de circulation à Ouesso, dans le nord du Congo-Brazzaville, alors qu’il poursuivait son projet continental « Pedals for Peace ». À 25 ans, ce natif de Goma s’était donné pour ambition de relier sa ville au Maroc à vélo, sur près de 14 000 kilomètres, avec pour message la paix, l’unité et l’espoir pour la jeunesse africaine.

Cette aventure était aussi le prolongement d’un premier exploit réalisé en 2025 : Miguel avait relié Goma à Cape Town, en Afrique du Sud, sur environ 7 000 kilomètres à travers plusieurs pays d’Afrique australe. Cette performance lui avait valu le titre de Sportif de l’année aux KEMA Awards 2025. Fort de cette expérience, il avait lancé, le 1er mai 2026, un défi encore plus ambitieux, baptisé « Pedals for Peace », avec l’objectif de traverser plusieurs pays africains jusqu’à Rabat.

De Goma à Kinshasa, son parcours est devenu un véritable périple humain. En 67 jours, il a parcouru plus de 6 500 kilomètres à travers plusieurs provinces, notamment les Kasaï et le Bandundu, avant d’atteindre la capitale le 5 août. À chaque étape, il rencontrait des jeunes et portait le même message : « la paix, le respect et l’unité de la jeunesse africaine ». À Mbuji-Mayi, son passage avait notamment suscité des rassemblements et des échanges avec la jeunesse locale.

À Kinshasa, son initiative a également attiré l’attention de plusieurs personnalités et institutions. Miguel a été reçu par le ministre des Sports Didier Budimbu, qui avait annoncé son accompagnement, notamment sur les questions administratives, de sécurité et de visas. Il a également échangé avec le ministre de la Communication et des Médias Patrick Muyaya, ainsi qu’avec l’ambassadeur Claude Mbuyi, président du Conseil national de la Jeunesse. Des contacts avaient aussi été établis avec des représentants diplomatiques, notamment des Pays-Bas et de l’Espagne, autour de la dimension citoyenne et panafricaine de son projet.

Après Kinshasa, Miguel a repris la route le 6 septembre vers Brazzaville, avant de poursuivre par Gamboma et Oyo. Le 14 septembre, il venait d’achever sa 71ᵉ étape, après 98 kilomètres entre Gamboma et Oyo. Son itinéraire devait ensuite le conduire vers le nord du Congo-Brazzaville, le Cameroun, puis d’autres pays d’Afrique avant l’arrivée espérée à Rabat. Mais à Ouesso, la route s’est brutalement arrêtée, emportant celui qui voulait transformer son vélo en instrument de dialogue entre les peuples.

Miguel Masaïsaï disparaît ainsi avant d’atteindre le Maroc, mais son ambition dépassait largement la ligne d’arrivée. De Goma à Kinshasa, puis au-delà des frontières congolaises, il avait voulu porter une autre image de l’Est de la RDC : celle d’une jeunesse capable de résilience, d’initiative et d’engagement pour la paix. Son « Pedals for Peace » s’arrête tragiquement à Ouesso, mais le message qu’il portait avait déjà parcouru plusieurs milliers de kilomètres.

Jacques Amboka Mokoko