À Beni, dans la province du Nord-Kivu, soixante-quinze femmes et filles en situation de vulnérabilité franchissent une nouvelle étape vers leur autonomisation économique et sociale. Réunies le lundi 15 juin 2026 dans le quartier Boikene, elles ont bénéficié d’une session de renforcement des capacités organisée par l’ONG Action des Femmes pour la Nutrition, l’Agriculture et le Commerce (AFNAC), avec l’appui du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) de la MONUSCO.
Cette activité s’inscrit dans le cadre d’un projet de relèvement socio-économique destiné principalement aux femmes retournées et aux personnes affectées par les conséquences des conflits armés. Financé à hauteur de 24 000 dollars américains par la MONUSCO à travers un Projet à Impact Rapide (QIP), le programme vise à améliorer les conditions de vie des bénéficiaires tout en renforçant la cohésion sociale au sein de la communauté.
Au cours de cette séance, plusieurs thèmes liés à l’émancipation des femmes ont été développés. Les participantes ont notamment été sensibilisées aux droits des femmes, à l’égalité de genre, au leadership féminin, à la masculinité positive ainsi qu’à l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ». Le mandat et les actions de la MONUSCO en matière de protection des civils ont également été expliqués.
Cette formation vient compléter un processus déjà amorcé depuis plusieurs semaines. Avant cette étape, les bénéficiaires avaient été initiées à différentes activités génératrices de revenus. Elles ont ensuite reçu des kits adaptés aux secteurs d’activité qu’elles avaient choisis. Certaines se sont orientées vers la coupe et couture grâce à des machines à coudre mises à leur disposition, tandis que d’autres ont opté pour le maraîchage, la pâtisserie ou encore le petit commerce à travers la vente de friperie, de farine de manioc, de braises ou de produits alimentaires.
Pour les organisateurs, l’objectif ne se limite pas à l’amélioration des revenus des bénéficiaires. Il s’agit également de renforcer leur rôle dans la promotion de la paix et de la stabilité communautaire.
Selon Benge Mukengere, coordonnatrice de l’ONG AFNAC, l’autonomisation économique constitue un puissant outil de transformation sociale. Elle souligne que les femmes formées acquièrent progressivement les moyens de prendre en charge leurs familles tout en participant activement aux initiatives de cohésion sociale et de recherche de la paix.
« Lorsqu’une femme devient autonome, c’est toute la famille qui en bénéficie. Son autonomie contribue également à la paix au sein de la communauté », a-t-elle déclaré, tout en saluant l’appui de la MONUSCO à travers ce projet.
Grâce à cette initiative, ces femmes vulnérables disposent désormais de nouvelles compétences et d’outils leur permettant de bâtir des activités durables. Une démarche qui renforce leur résilience et contribue à la reconstruction du tissu social dans une région longtemps éprouvée par l’insécurité.
Gires Kasongo
