Face à la persistance de l’épidémie d’Ebola au Nord-Kivu, les autorités sanitaires renforcent la protection des personnes les plus exposées au virus. La campagne de vaccination des prestataires de première ligne a été officiellement lancée vendredi 16 octobre 2026 à l’Hôpital général de référence de Beni.
La riposte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola franchit une nouvelle étape au Nord-Kivu. Les professionnels de santé et les autres intervenants directement exposés au virus sont au centre d’une campagne de vaccination destinée à limiter les risques de contamination et à protéger les équipes engagées sur le terrain.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence des autorités sanitaires et politico-administratives ainsi que des partenaires impliqués dans la lutte contre cette épidémie, causée par la souche Bundibugyo.
Représentant le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Évariste, Prisca Luanda Kamala, conseillère principale chargée de la Santé et d’autres portefeuilles, a dressé un tableau préoccupant de la situation dans la province.
Au 15 octobre 2026, le Nord-Kivu enregistrait 2 055 cas confirmés, dont 1 231 décès, contre 1 244 guérisons et 534 cas actifs. Ces chiffres correspondent à un taux de létalité de 60 %.
La maladie s’est propagée dans 17 des 34 zones de santé de la province et touche 179 des 684 aires de santé. Parmi les personnes affectées figurent également 85 agents de santé.
À Beni, la situation reste particulièrement préoccupante. La zone de santé totalise 471 cas confirmés et 316 décès, soit une létalité de 67,1 %.
Face à ce bilan, Prisca Luanda Kamala a exprimé sa compassion aux familles endeuillées et salué le courage des professionnels mobilisés dans la riposte.
Au-delà de la vaccination, les autorités rappellent l’importance du respect des mesures de prévention. L’hygiène des mains, le signalement rapide des symptômes suspects et le recours précoce aux structures sanitaires demeurent essentiels pour limiter la transmission du virus.
Le maire de Beni, le commissaire supérieur principal Nyofondo Te-Kodale Jacob, a, pour sa part, encouragé la population à collaborer avec les équipes médicales et à respecter les recommandations sanitaires.
Le docteur Steve Ahuka, manager terrain et incident manager de la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, a expliqué que la vaccination concerne aussi les équipes de surveillance, les laboratoires, les intervenants chargés des enterrements dignes et sécurisés ainsi que les personnes assurant le transport des corps, notamment les motards.
Il a souligné que cette intervention vient compléter les dispositifs déjà opérationnels, dont la surveillance épidémiologique, la détection précoce des cas, la prise en charge des malades et la prévention des infections dans les structures sanitaires.
Gires Kasongo
