Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, a reçu le vendredi 17 juillet 2026 le rapport de la commission ad hoc chargée de la clarification des limites du Parc national des Virunga. Instituée pour examiner les différends récurrents entre les populations riveraines et les gestionnaires de cette aire protégée, la commission est parvenue à plusieurs constats et recommandations destinés à contribuer à une solution durable.
Revenant sur les conclusions des travaux, le président de la commission, le magistrat Gustave Mayila, a indiqué que les investigations menées sur le terrain ont révélé une situation complexe. Selon lui, certaines étendues appartenant initialement aux communautés locales ont été intégrées dans les limites du parc, tandis que plusieurs espaces relevant du Parc national des Virunga sont aujourd’hui occupés par des populations. Ces chevauchements, a-t-il expliqué, alimentent depuis plusieurs années des tensions et des conflits fonciers entre les habitants et les autorités chargées de la conservation.
Pour faire face à cette situation, la commission recommande la révision de la loi portant création du Parc national des Virunga, estimant que ce texte, adopté il y a plusieurs décennies, ne répond plus aux réalités actuelles. Gustave Mayila a rappelé que cette compétence relève exclusivement du Parlement et non de la commission ou du gouverneur de province. Il a, à cet effet, invité les députés nationaux à s’approprier cette question afin de doter le pays d’un cadre juridique mieux adapté aux défis actuels.
Le président de la commission a également mis en avant le contexte sécuritaire qui prévaut dans la province du Nord-Kivu. Il a souligné que les violences armées ont provoqué le déplacement de nombreuses familles en provenance de Goma et d’autres localités vers la ville et le territoire de Beni. Cette forte pression démographique, a-t-il indiqué, pousse plusieurs ménages sans abri à s’installer dans des zones situées à l’intérieur ou à proximité du parc, aggravant davantage les conflits liés à l’occupation des terres. D’où la nécessité, selon lui, d’élaborer une nouvelle loi qui prenne en compte ces nouvelles réalités tout en conciliant la protection de l’environnement et les besoins des communautés.
En recevant ce rapport, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, s’est engagé à le transmettre à l’Assemblée nationale. L’autorité provinciale souhaite que les recommandations formulées par la commission puissent servir de base à l’élaboration et à l’adoption d’une nouvelle loi sur la délimitation du Parc national des Virunga, aire protégée classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le but de réduire les conflits et de favoriser une cohabitation harmonieuse entre les populations riveraines et les efforts de conservation.
Gires Kasongo
