La commission ad hoc instituée par le gouverneur du Nord-Kivu pour clarifier les limites du parc national des Virunga traverse une zone de turbulences. Plusieurs voix s’élèvent au sein de cette structure, accusant une partie de ses membres d’avoir produit un rapport « biaisé » et « élaboré de manière unilatérale », au mépris des réalités du terrain.
Dans une lettre d’indignation adressée cette semaine au gouverneur du Nord-Kivu, les chefs coutumiers, la société civile et le député provincial Élie Kasereka Mbafumoja pointent du doigt deux techniciens, dont un cadre de l’ICCN, accusés d’avoir rédigé le document à Goma puis finalisé à Mutsora, siège de l’Institut congolais pour la conservation de la nature, sans associer les acteurs neutres.
Selon eux, les ambiguïtés toponymiques relevées sur place, ainsi que les avis des communautés riveraines, auraient été complètement ignorées.
L’ICCN dénonce une “fuite en avant”
Joint au téléphone mercredi 19 novembre par 24News Agency, le conservateur du parc des Virunga pour le secteur nord, Éric Kithakya, rejette catégoriquement ces accusations. Il qualifie la démarche des signataires de la lettre de « fuite en avant » et de « populisme destiné à manipuler la population ».
« Les résultats de la commission n’ont pas encore été présentés au gouverneur, qui en est pourtant l’initiateur. Ceux qui protestent ne sont ni des experts ni des géomètres ou cartographes. Ils interprètent les choses à leur manière. C’est du populisme, et il faut sortir de ces manœuvres qui trompent la population », a-t-il déclaré.
Le conservateur insiste sur le caractère scientifique du travail réalisé par la commission, qu’il décrit comme composée d’experts qualifiés. Il appelle la population au calme et l’invite à ne pas se laisser entraîner par des acteurs qu’il accuse de chercher à « ternir l’image de l’ICCN ».
Gires kasongo
