Chaque 29 mai, la communauté internationale célèbre la Journée internationale des Casques bleus des Nations unies, une occasion de rendre hommage aux milliers d’hommes et de femmes engagés dans les missions de maintien de la paix à travers le monde. Depuis plus de sept décennies, ces soldats de la paix œuvrent dans des zones marquées par les conflits, les violences et les crises humanitaires, souvent au péril de leur vie.
Instituée en décembre 2002 par l’Assemblée générale des Nations unies, cette journée commémore le déploiement de la première mission de maintien de la paix de l’ONU, l’ONUST, lancée le 29 mai 1948 au Moyen-Orient. Depuis cette date, plus de deux millions de personnes issues de 125 pays ont servi sous le drapeau bleu des Nations unies dans 71 missions différentes. Aujourd’hui encore, près de 87 000 Casques bleus militaires, policiers et civils sont déployés dans plusieurs zones de conflit à travers l’Afrique, l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient.
Derrière ces chiffres se cachent des sacrifices immenses. Plus de 4 200 Casques bleus ont perdu la vie depuis 1948 dans l’exercice de leur mission, dont plusieurs centaines en République démocratique du Congo. Malgré les dangers, l’éloignement familial et les conditions de vie souvent difficiles, ces femmes et ces hommes continuent de servir avec la conviction de contribuer à un monde plus sûr et plus pacifique.
En RDC, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), déployée depuis 1999, demeure l’une des missions les plus complexes et les plus exposées au monde. Entre 1999 et 2022, plus de 400 membres du personnel des Nations unies y ont perdu la vie, parmi lesquels 327 Casques bleus.
Malgré ce lourd tribut, la MONUSCO poursuit son accompagnement auprès des autorités congolaises et des populations civiles. Ses interventions couvrent plusieurs domaines essentiels, notamment la protection des civils, l’appui aux institutions, la promotion des droits humains, le désarmement des groupes armés, la réinsertion des ex-combattants ainsi que la réforme du secteur de la sécurité.
Dans la province de l’Ituri, particulièrement dans le territoire de Djugu, les Casques bleus jouent un rôle crucial dans la protection des populations déplacées par les violences armées. Depuis plusieurs années, la Mission sécurise des milliers de déplacés installés dans différents sites comme Lodha, Djaiba, Plaine Savo ou encore Rhoe.
Chaque jour, les soldats de la paix effectuent des patrouilles pour prévenir les attaques des groupes armés, sécurisent les axes routiers, facilitent l’accès des populations aux terres agricoles et escortent parfois des élèves afin qu’ils puissent présenter leurs examens dans des conditions sécurisées. Ils participent également à la réhabilitation des infrastructures publiques telles que les écoles, routes et ponts.
Pour les autorités locales, cette présence reste indispensable. L’administrateur du territoire de Djugu, le colonel Ruphin Mapela, reconnaît l’importance du travail accompli par la Mission en faveur de la stabilité et de la protection des civils.
Au-delà de l’action militaire, la Police des Nations unies (UNPOL) contribue également au renforcement de la sécurité urbaine. À Bunia, le Centre de coordination des opérations mis en place avec l’appui de la MONUSCO a permis d’améliorer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise grâce à des formations, des équipements et un suivi technique. Cet accompagnement contribue notamment à limiter les bavures et à renforcer le respect des droits humains.
Les civils engagés au sein de la MONUSCO jouent eux aussi un rôle déterminant. À Bunia, des experts travaillent à l’amélioration des conditions carcérales tandis qu’à Beni, d’autres œuvrent pour la protection des enfants affectés par les conflits armés, notamment à travers la lutte contre le recrutement des mineurs dans les groupes armés.
Parallèlement, Radio Okapi, surnommée « la fréquence de la paix », contribue à renforcer la cohésion sociale et à lutter contre la désinformation. Grâce à ses reportages de proximité, la radio permet d’alerter sur les réalités vécues par les populations et de mobiliser l’attention des partenaires humanitaires et institutionnels.
Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises sécuritaires et humanitaires, les Casques bleus demeurent un symbole d’espoir pour des millions de personnes. Leur engagement quotidien rappelle que la paix n’est jamais acquise et qu’elle exige courage, solidarité et détermination.
À l’occasion de cette Journée internationale des Casques bleus, le monde rend hommage à ces femmes et ces hommes qui, loin de leurs familles et souvent dans des conditions extrêmes, continuent de servir la paix au nom de l’humanité.
Gires Kasongo
