Face à la persistance de la crise sécuritaire en République démocratique du Congo, le Parti lumumbiste unifié (PALU) appelle Joseph Kabila à abandonner la lutte armée et Félix Tshisekedi à accélérer le dialogue national. Dans sa déclaration politique du vendredi 16 octobre 2026, lue par son secrétaire permanent et porte-parole, Anicet Mifia, le parti plaide pour une issue politique à la crise, alors que les tensions sécuritaires et les divisions politiques continuent de fragiliser le pays.

La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila et comptant notamment des figures associées à l’AFC/M23, suscite des inquiétudes au sein de cette formation politique. Pour le PALU, « le changement de nom et de dirigeants ne modifie pas fondamentalement la nature du conflit ». Le parti estime que cette nouvelle configuration ne garantit pas une rupture avec la dynamique militaire en cours et redoute une aggravation des affrontements, avec des conséquences sur la cohésion nationale et l’intégrité territoriale.

À Joseph Kabila, qui a dirigé le pays pendant dix-huit ans, le PALU adresse un appel ferme à renoncer à la voie des armes. Dans sa déclaration, le parti estime que l’ancien chef de l’État ne peut contribuer à la destruction du pays qu’il a dirigé ni devenir le « fossoyeur » ou le « bourreau » de son peuple. Pour illustrer son message, il invoque cet adage : « Quel que soit le niveau de colère d’un enfant, celui-ci ne peut aller jusqu’à déshabiller son parent. » Une formule qui traduit la volonté du parti de privilégier la responsabilité politique plutôt que l’escalade de la violence.

Le président Félix Tshisekedi est, lui aussi, directement interpellé. Le PALU l’encourage à faire usage de ses prérogatives constitutionnelles pour faire avancer le dialogue national. Pour cette formation politique, ces concertations doivent permettre de dégager des solutions consensuelles autour de la paix, du vivre-ensemble, de l’unité nationale et de la justice distributive. Cet appel remet au centre du débat la question des conditions politiques nécessaires à un dialogue crédible, dans un contexte où les divergences sur son organisation et ses participants demeurent importantes.

Sur le plan diplomatique, le PALU réclame la mise en œuvre effective des processus de Doha et de Washington, ainsi que de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il demande à l’Union africaine et aux Nations unies de renforcer les sanctions ciblées contre les personnes impliquées dans les violences et les violations graves des droits humains. Le parti s’en prend également aux « marchands de guerre » et réclame la fin des circuits d’exportation illicite des minerais provenant des zones occupées, qu’il considère comme des mécanismes contribuant au financement du conflit.

Le PALU met aussi en garde contre les discours discriminatoires et les messages de haine susceptibles d’attiser les divisions entre Congolais. Il appelle ses militants à se mobiliser en faveur de l’unité nationale et annonce sa disponibilité à soumettre des propositions concrètes dans le cadre du dialogue. Pour cette formation politique, la recherche de la paix exige à la fois des initiatives nationales, une médiation africaine respectueuse de la souveraineté congolaise et une pression internationale plus soutenue sur les acteurs du conflit.

Le message du PALU repose finalement sur une double exigence : à Joseph Kabila, renoncer à la lutte armée ; à Félix Tshisekedi, faire progresser le dialogue national. Reste à savoir si ces appels se traduiront en actes dans un contexte marqué par la méfiance entre les protagonistes et la persistance des violences dans l’Est. Pour le parti d’Antoine Gizenga, l’enjeu est d’éviter que la crise ne débouche sur un affrontement généralisé entre Congolais et ne compromette davantage l’unité et l’intégrité territoriale de la RDC.

La Rédaction