Le député travailliste belge Julien Ribaudo a vivement réagi, jeudi 23 avril, aux déclarations de la ministre belge de l’Asile concernant les demandes d’asile introduites par des ressortissants congolais.

Dans une sortie critique, l’élu a dénoncé les propos de la ministre Anneleen Van Bossuyt, qu’il accuse de décourager les Congolais de solliciter une protection en Belgique.
« Madame la Ministre, vous êtes allée expliquer aux Congolais qu’ils ne doivent pas venir ici chercher une vie meilleure au motif que les conditions économiques ne le justifieraient pas. C’est pour le moins interpellant », a-t-il déclaré.

Julien Ribaudo pointe également ce qu’il considère comme une contradiction dans la posture du gouvernement belge, qu’il accuse de privilégier les intérêts économiques au détriment des populations congolaises.

« Pour la bourgeoisie belge, les motifs économiques ont toujours été valables. Du règne de Léopold II pour le caoutchouc à l’Union minière pour l’uranium, jusqu’à aujourd’hui où votre gouvernement s’intéresse au cobalt, au cuivre et au coltan de la RDC, au nom des intérêts économiques belges et européens », a-t-il affirmé.
Le député estime que l’exploitation des ressources naturelles congolaises par les puissances occidentales contribue à la précarité des populations locales et alimente les flux migratoires.

« Il faut aller au bout du raisonnement, Madame la Ministre. Les violences et le pillage des ressources rendent impossible, pour de nombreux Congolais, de construire une vie digne et sécurisée dans leur pays. Ils ne fuient pas par choix, mais par nécessité. Pourtant, une fois arrivés ici, ils sont traités comme des criminels. D’un côté, on prend les richesses ; de l’autre, on refuse les êtres humains », a-t-il conclu.

Lors de sa récente visite en République démocratique du Congo, la ministre Anneleen Van Bossuyt avait justifié la fermeté de la politique belge en matière d’asile par l’augmentation significative des demandes introduites par des Congolais, passées de 1 300 à 2 500.

Zéphyrin Amboka Pengume