Plus rien ne va à l’Institut des musées nationaux du Congo (IMNC), où les relations entre le directeur général et les membres du comité de gestion sont particulièrement tendues. Selon nos informations, le directeur général est accusé de clientélisme, d’opacité dans la gestion de l’institution, de trafic d’influence et de malversations financières.
Tout est parti d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par la directrice générale adjointe, Juliette Mbambu, dans laquelle elle montre un gros cadenas attaché à la grille, l’empêchant d’accéder à son bureau.
« Je ne peux plus avoir accès à mon bureau sur instruction du directeur général, qui a foulé aux pieds l’ordonnance présidentielle en plaçant des individus pour m’empêcher d’entrer », explique Juliette Mbambu dans cette vidéo devenue virale.
Loin d’être un fait isolé, cette vidéo, qui traduit la frustration de la directrice générale adjointe, n’a fait qu’exposer le climat malsain qui règne depuis plusieurs mois au sein de l’Institut des musées nationaux du Congo. Une situation qui a conduit notre rédaction à mener une enquête.
À en croire les documents de l’institution consultés par notre rédaction et les témoignages de certains membres du comité de gestion ayant requis l’anonymat, l’actuel directeur général, Simon Siala Siala, se serait distingué par une gestion marquée par le clientélisme, l’opacité dans la gestion des finances publiques, les abus de pouvoir et le trafic d’influence. Il aurait même rappelé à certains de ses collaborateurs qu’il serait « très proche du chef de l’État et que personne n’avait le pouvoir ni de le contrôler, encore moins de le déchoir ».
« Il existe des permutations d’agents et de cadres sans avis préalable du conseil d’administration », poursuit la même source. Elle précise par ailleurs que Simon Siala Siala aurait signé, en toute opacité, un contrat avec une société égyptienne pour la construction d’un bâtiment du musée à Maluku. Selon cette source, l’article 7 dudit contrat prévoirait que les informations relatives aux finances restent confidentielles et ne soient partagées qu’entre le directeur général et le délégué de cette société égyptienne, à l’insu du conseil d’administration.
« S’agissant des frais de fonctionnement, aucun membre du comité de gestion n’en bénéficie, si ce n’est Simon Siala Siala lui-même », renchérit notre source. Elle déplore également la désactivation des matricules de paie de certains cadres de l’Institut des musées nationaux du Congo, sur injonction présumée du directeur général, avec la complicité de la direction de la paie. Des agents et cadres de cet établissement public en province accuseraient plus de 72 mois d’arriérés de salaire. « Alors que les recettes et autres sources de revenus servent aux voyages de luxe et autres vacances du directeur général », affirme notre source.
Contactés, les proches du directeur général dénoncent une manipulation et de la mauvaise foi. Ils accusent certains membres du comité de gestion de vouloir instaurer un leadership parallèle au sein de l’Institut des musées nationaux, en incitant certains cadres à la rébellion. Tout en rejetant les faits relayés sur la place publique et les autres griefs reprochés à Simon Siala Siala, ils affirment travailler conformément aux textes légaux et au décret portant organisation et fonctionnement de leur établissement.
Dans la foulée, ils rejettent toute tentative de manipulation et mettent en avant l’ouverture d’esprit et le dialogue dont ferait preuve Simon Siala Siala pour engager l’Institut des musées nationaux sur la voie de l’apaisement. Ils rappellent également que leur établissement dispose de sources de revenus limitées.
Faustin Kalenga
