Faudra-t-il croire à une classe politique éclairée capable de conduire la RDC vers les années lumières ? Nombreux sans hésitation répondraient par NON à cette question si l’on considère le comportement de beaucoup d’hommes politiques qui, au gré de vague, se comportent en caméléons face aux mutations du contexte.

 

La transhumance politique en République Démocratique du Congo n’est donc pas un concept nouveau et il ne l’est plus dans beaucoup de pays du monde, particulièrement en Afrique où beaucoup viennent en politique pas pour servir mais plutôt se servir.

 

Dans un passé récent, l’on a assisté à la création du Front Commun pour le Congo qui a réuni, autour de Joseph Kabila, des politiciens venus de divers horizons politiques.

 

De l’Udps avec Bruno Tshibala qui occupera par la suite le poste de Premier Ministre, en passant par Fonus de Olengha Nkoy et d’autres encore. Ces têtes ont donné du souffle à la famille politique de Joseph Kabila dans un contexte marqué par la non organisation des élections alors que le président sortant était arrivé au terme de son deuxième et dernier mandat.

 

Cependant, devons nous le souligner, dans la transhumance qu’on enregistre en République Démocratique du Congo, l’on peut se poser autant de questions sur les acteurs qui s’y lancent sans aucune réserve, sans la moindre honte, pour des intérêts privés.

 

Quand on a crié haut et fort dans un pays démocratique que « je suis de cet isme, je le suis du sang », l’on doit réfléchir par deux fois, avant de s’exhiber et se réclamer d’un autre isme contraire à celui pour lequel on est identifié.

 

Et quand on considère qu’en ce 21e siècle, plus rien n’est secret et que les paroles sorties de sa bouche sont gardées quelque part et on peut vous les balancer à n’importe quel moment, on doit encore beaucoup se réserver.

 

Dans cette situation, le dernier en date c’est la vidéo devenue virale, celle montrant dans un plateau de télévision de la place, Willy Bakonga, encore membre influent du Parti du Peuple pour la reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila.

 

Dans cette vidéo, Willy Bakonga a clamé haut et fort « moi je suis Kabiliste pur, le jour où je quitte Kabila, je quitte la politique », a-t-il martelé.

 

L’homme a été par la suite nommé Ministre de l’Enseignement Primaire et Secondaire dans le cadre de la coalition FCC-Cash. Certes que ses propos ont servi pour pousser Joseph Kabila à valider son nom à ce poste dans un contexte où la première année du règne de Félix Tshisekedi a été justement marqué par cette difficile coalition entre ces deux groupements politiques diamétralement opposés.

 

À la rupture de ladite coalition, quand Tshisekedi a enfin pris les ailes pour gérer le pays comme seul maître à bord, Bakonga s’est transformé en Tshisekediste pur et plus que Tshisekedi lui-même.

 

L’homme sera démis de ses fonctions plus tard mais se réclame toujours Tshisekediste, oubliant catégoriquement d’où il vient.

 

Une honte, que l’on devrait arrêter car par ce genre de comportement, c’est l’ensemble de la classe politique qui en paie le prix.

 

Et au professeur Jacques N’djoli d’ajouter : « quelqu’un qui était pur Kabiliste, se transforme en Tshisekediste pur et dur », la vidéo montée fait le tour des réseaux sociaux.

 

C’est une faiblesse d’esprit et cupidité qui frise la stupidité qui caractérise cette race des politiques congolais qui, en réalité, ne peuvent rien apporter à la République.

 

Dans cette situation et contexte, il faut aussi saluer ceux-là, même s’ils appartiennent à une formation politique et sont au gouvernement, gardent tout de même le sens et la valeur de leurs noms, leurs visions et leurs projets pour la société.

 

Tshisekedi wa Mulumba et ses compagnons sont partis du MPR, Mouvement Populaire de la Révolution pour se lancer dans un combat, celui de la Démocratie. Nous en tirons aujourd’hui les bénéfices bien que, soit dit en passant, certains ont travaillé par la suite avec Mobutu, mais leur dignité à été préservée.

 

Et même dans cette mutation enregistrée à la création du FCC, il y a des politiciens qui s’y sont retrouvés mais ont gardé le sens de la dignité et ont démontré par ailleurs qu’ils ont rejoint le bateau Kabila pour travailler et non pour lui appartenir. Parmi ceux-là, on en trouve encore au sein du Gouvernement Tshisekedi et personne ne peut les accuser d’une gourmandise cupide ou stupide.

 

La dernière question est celle de savoir : quelle confiance faire à ceux qui se sont déclarés kabilistes le matin et qui se retrouvent Tshisekedistes purs et durs le soir ?

 

 

Jacques Amboka