La coopération bilatérale, la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et la riposte contre l’épidémie d’Ebola ont été au cœur des échanges, ce vendredi 2 octobre 2026, à la Cité de l’Union africaine, entre le président Félix-Antoine Tshisekedi et le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le chef de la diplomatie française effectue une visite de travail de 48 heures en RDC.

Au cours de cet entretien, les deux responsables ont notamment évoqué l’état des relations entre Kinshasa et Paris ainsi que la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Jean-Noël Barrot a réaffirmé la position de la France en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, tout en soulignant l’importance des efforts diplomatiques engagés pour parvenir à une solution à la crise dans la région des Grands Lacs.

L’autre dossier majeur de cette rencontre concerne la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola, liée à la souche Bundibugyo. Détectée en mai 2026, l’épidémie continue de mobiliser les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux, dans un contexte rendu plus complexe par l’insécurité, l’éloignement de certaines zones touchées et les difficultés d’accès aux populations.

Après Kinshasa, Jean-Noël Barrot doit se rendre à Bunia, chef-lieu de l’Ituri et centre de coordination de la riposte nationale. Le déplacement doit lui permettre de rencontrer les équipes engagées dans la lutte contre Ebola, de rendre hommage aux travailleurs mobilisés sur le terrain et de constater directement les besoins de la réponse sanitaire. La diplomatie française présente cette étape comme un signal concret de son soutien à la RDC.

Paris entend également renforcer son engagement dans la lutte contre l’impunité et les violences sexuelles liées aux conflits dans l’Est de la RDC. La Présidence congolaise indique que le déplacement à Bunia intervient notamment dans le prolongement d’un protocole signé entre la France et la RDC sur la lutte contre l’impunité et la réparation des violences sexuelles liées aux conflits. Jean-Noël Barrot doit notamment rencontrer des victimes accompagnées par des structures spécialisées.

Cette visite intervient dans un contexte de mobilisation internationale accrue contre Ebola. Le 30 septembre, les États-Unis, qui assurent la présidence du G20, ont réuni plusieurs partenaires autour de la riposte. Plus de 470 millions de dollars de nouveaux engagements ont été annoncés, portant les promesses internationales à plus de 2 milliards de dollars depuis le début de l’épidémie. Washington a, pour sa part, annoncé 267 millions de dollars supplémentaires, portant son aide directe à la riposte à 887 millions de dollars.

La dimension sanitaire donne ainsi une portée particulière à la visite du ministre français. Alors que l’épidémie continue de peser lourdement sur les populations, l’enjeu est désormais de transformer les annonces de soutien en interventions concrètes : surveillance épidémiologique, prise en charge des malades, protection des personnels de santé, suivi des contacts et accompagnement des communautés affectées. L’OMS souligne notamment que l’insécurité et les mouvements de population compliquent la réponse dans les zones touchées.

La rencontre Tshisekedi-Barrot intervient donc à la croisée de trois priorités : le renforcement de la coopération RDC-France, la recherche d’une réponse diplomatique à la crise sécuritaire dans l’Est et l’appui à la lutte contre Ebola. Après Kinshasa, l’étape de Bunia permettra au ministre français de mesurer directement les réalités du terrain et de préciser l’engagement de Paris aux côtés de la RDC face à cette double urgence sécuritaire et sanitaire.

Zephyrin Amboka Pengume