Le rapprochement entre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et certains responsables de l’Alliance du fleuve Congo (AFC) et du M23 continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise.

Réagissant à cette situation le lundi 14 septembre, le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, estime qu’une telle démarche soulève de sérieuses interrogations, au regard de la position adoptée par l’ancien chef de l’État à l’égard du M23 lorsqu’il était au pouvoir.

Dans une déclaration consacrée à la situation politique et sécuritaire du pays, Jacques Djoli a appelé les Congolais à s’interroger sur le fait que Joseph Kabila puisse aujourd’hui échanger avec des responsables du M23, notamment Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.

« Il est important que les Congolais sachent que ce n’est pas normal que quelqu’un qui a été président pendant 18 ans, qui nous a dit que le M23, c’était des bandits, qui les a combattus, qui les a défaits, puisse s’asseoir avec Makenga, Bisimwa et les autres », a-t-il déclaré.

Pour Jacques Djoli, cette évolution apparaît difficilement compatible avec le discours tenu par Joseph Kabila lorsqu’il était à la tête de la RDC. Il estime que ce changement de posture à l’égard des responsables de l’ancien mouvement rebelle mérite des explications auprès de la population congolaise.

L’ancien sénateur qualifie ainsi cette situation d’« inadmissible », alors que les initiatives politiques visant à trouver une issue à la crise congolaise se multiplient, notamment à travers des discussions impliquant différents acteurs politiques ainsi que des représentants liés à la rébellion active dans l’Est de la RDC.

La sortie de Jacques Djoli relance, au-delà de la personne de Joseph Kabila, le débat sur le rôle que peuvent jouer les anciens dirigeants congolais dans les démarches visant à résoudre la crise sécuritaire.

Cette question divise la classe politique. Pour certains, tout dialogue avec les groupes armés doit être entouré de garanties et faire l’objet de clarifications politiques. Pour d’autres, la recherche d’une solution à la crise peut nécessiter des échanges avec différents protagonistes.

La polémique autour du rôle de Joseph Kabila dans ces démarches est donc loin d’être close. Elle intervient dans un contexte politique marqué par de profondes divergences sur les moyens de mettre fin à l’insécurité dans l’Est de la RDC et de parvenir à une solution durable.

Zephyrin Amboka Pengume