L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a vivement critiqué la gouvernance actuelle du pays dans une nouvelle adresse prononcée ce vendredi 9 octobre. Estimant que les acquis de son passage à la tête de l’État sont aujourd’hui menacés, il accuse implicitement le président Félix Tshisekedi de gouverner selon sa volonté personnelle, au mépris des principes constitutionnels.

Dans sa nouvelle prise de parole, Joseph Kabila est revenu sur le bilan de son règne, qu’il présente comme une période marquée par la réunification du territoire national, la pacification progressive du pays et la consolidation des institutions de la République. L’ancien chef de l’État a également dressé un tableau sombre de la situation politique actuelle en République démocratique du Congo (RDC), estimant que le pays s’éloigne des principes fondamentaux d’un État démocratique.

« Notre pays n’est plus une République, encore moins démocratique », affirme-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme une dérive dans l’exercice du pouvoir.

Joseph Kabila défend son bilan à la tête du pays

Revenant sur son accession à la présidence en janvier 2001, Joseph Kabila rappelle avoir hérité d’un pays en « état de déliquescence totale », marqué notamment par les conflits armés, la fragmentation du territoire et l’affaiblissement des institutions étatiques.

Selon lui, au terme de son mandat, le 24 janvier 2019, la RDC avait enregistré des avancées significatives. Il affirme avoir transmis à son successeur un pays « réunifié, largement pacifié », doté d’institutions fonctionnelles, d’une économie « dynamique et résiliente » ainsi que d’une armée « de plus en plus professionnelle ».

À travers ce rappel de son bilan, l’ancien président entend mettre en évidence le contraste entre la situation qu’il affirme avoir laissée à son départ et celle qu’il décrit aujourd’hui.

Une République menacée par la gouvernance actuelle

Joseph Kabila estime que, depuis l’alternance politique de janvier 2019, l’existence même de la RDC en tant que nation et État est « de nouveau menacée ».

Sans nommer directement Félix Tshisekedi, l’ancien président lui reproche de diriger le pays en fonction de sa « seule volonté », plutôt que dans le strict respect de la Constitution et des institutions républicaines.

Dans son réquisitoire, il compare implicitement le mode de gouvernance qu’il dénonce à celui d’« Ivan le Terrible », une référence historique qui traduit la perception d’un pouvoir exercé de manière autoritaire. Il accuse également le dirigeant congolais de considérer le pays comme « une propriété privée », une formule particulièrement sévère qui illustre la profondeur de ses critiques.

Ces déclarations remettent au centre du débat la question du respect de l’État de droit, de l’équilibre des pouvoirs et du fonctionnement des institutions démocratiques en RDC.

Un discours qui relance le débat politique

Cette nouvelle sortie de Joseph Kabila intervient dans un contexte où les questions liées à la gouvernance, à la sécurité nationale et à l’avenir des institutions congolaises occupent une place importante dans le débat public.

En dressant un bilan positif de son passage au pouvoir et en dénonçant la gestion actuelle du pays, l’ancien chef de l’État oppose sa propre lecture de l’histoire récente de la RDC à celle de la période ouverte par l’alternance de 2019.

Ses propos constituent ainsi une critique directe de l’orientation politique actuelle, même si le président Félix Tshisekedi n’est pas explicitement nommé dans les accusations rapportées.

Reste que les déclarations de Joseph Kabila relèvent de son appréciation de la situation politique nationale. Leur portée doit être examinée à la lumière des faits, de l’évolution des institutions et des réponses éventuelles des autorités concernées.

La RDC face aux enjeux de l’État de droit

Au-delà de la confrontation entre deux figures majeures de la politique congolaise, cette prise de parole soulève une question essentielle : celle de la solidité des institutions et du respect des principes démocratiques en République démocratique du Congo.

Alors que Joseph Kabila affirme que le pays est en train de perdre les acquis qu’il dit avoir contribué à construire, ses critiques pourraient alimenter davantage les discussions sur la gouvernance, la responsabilité des dirigeants et l’avenir démocratique de la nation congolaise.

Une chose est certaine : par la virulence de ses mots et la gravité de ses accusations, l’ancien président remet la situation politique de la RDC au cœur de l’actualité et ravive le débat sur la manière dont le pays est dirigé depuis l’alternance de 2019.

Don de Dieu Mbavu