Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), est décédé ce lundi 5 octobre 2026 à Paris, à l’âge de 69 ans. L’information, d’abord rapportée par le journaliste Steve Wembi, a été confirmée par plusieurs sources, dont sa famille selon Actualite.cd. Il séjournait dans la capitale française depuis près d’un an pour des soins.

Né le 3 mars 1957, Kalev Mutond a dirigé l’ANR de 2011 à 2019, sous la présidence de Joseph Kabila. Il était considéré comme l’un des hommes les plus influents de l’appareil sécuritaire de l’ancien régime. Son passage à la tête des renseignements a été marqué par son rôle central dans la gestion des questions de sécurité et par de nombreuses controverses liées au traitement des opposants et des militants de la société civile.

Après l’arrivée de Félix Tshisekedi à la présidence en 2019, Kalev Mutond est progressivement devenu l’un des anciens responsables du régime Kabila à faire face à la justice. Plusieurs plaintes ont été déposées contre lui, notamment pour des accusations d’arrestations arbitraires, de tortures, de traitements inhumains et de tentatives d’assassinat. En mars 2021, le parquet avait émis un avis de recherche à son encontre.

L’ancien patron de l’ANR avait rejeté ces accusations et réclamé un procès public, contradictoire et équitable pour pouvoir présenter sa version des faits. Après plusieurs mois hors du pays, il était rentré en RDC en août 2022. En août 2023, le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe avait annoncé la suspension de l’avis de recherche, estimant que les raisons l’ayant motivé ne subsistaient plus.

La disparition de Kalev Mutond marque ainsi la fin du parcours d’une personnalité qui reste profondément associée à une période sensible de l’histoire politique congolaise. Pour ses détracteurs et plusieurs organisations de défense des droits humains, il incarnait les méthodes répressives attribuées à l’appareil sécuritaire sous Joseph Kabila ; pour ses proches et lui-même, les accusations portées contre sa personne étaient contestées et devaient être examinées dans le cadre d’un procès équitable. Son nom restera donc présent dans le débat public congolais autour du pouvoir, du renseignement, de la sécurité et de la question de l’impunité.J’ai volontairement distingué les accusations documentées, les positions de ses détracteurs et la défense de Kalev Mutond, afin de ne pas présenter comme établis judiciairement des faits qui ont été contestés.

La Rédaction