Le gouvernement congolais franchit une nouvelle étape dans la gestion de la scène politique nationale. Le jeudi 15 octobre 2026, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a ordonné la suspension immédiate des activités de treize partis et regroupements politiques à travers la République démocratique du Congo (RDC). Parmi les formations concernées figure le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), associé à l’ancien président Joseph Kabila.
La mesure, adressée aux gouverneurs de province, exige une application sans délai sur l’ensemble du territoire national.
Dans un message officiel transmis aux autorités provinciales, Jacquemain Shabani Lukoo leur demande de prendre, « toutes affaires cessantes », les dispositions nécessaires pour assurer une « exécution sans faille » de cette décision.
Cette instruction place les gouverneurs au premier plan de la mise en œuvre de la mesure. Des copies du document ont également été transmises, pour information et suivi, au président de la République, à la Première ministre, à la Police nationale congolaise (PNC), à l’Agence nationale de renseignements (ANR) ainsi qu’à la Direction générale de migration (DGM).
La transmission de cette directive à plusieurs institutions de l’État souligne la volonté des autorités d’en assurer l’application à l’échelle nationale.
Au-delà du PPRD, douze autres partis et regroupements politiques sont concernés. Il s’agit notamment de formations associées à plusieurs personnalités de la scène politique congolaise, parmi lesquelles d’anciens responsables publics et des figures de l’opposition.
La liste communiquée comprend :
– LGD, associé à Matata Ponyo ;
– PISTE-E, associé à Seth Kikuni ;
– AAP, associé à Théophile Mbemba Fundu ;
– UDA, associée à Claudel Lubaya ;
– MPCR, associé à Jean-Claude Vuemba ;
– ATD, associé à José Makila Sumanda ;
– PNEL, associé à Michel Mwika Banza ;
– MLP, associé à Franck Diongo ;
– UPC, associé à Thomas Lubanga ;
– ADCP, associé à Corneille Nangaa ;
– COFEDEC, associée à Fili Tshipasa Kahindo ;
– AARC, associée à Élysée Minembwe.
Avec le PPRD, ces douze autres formations portent à treize le nombre de partis et regroupements politiques visés par la décision ministérielle.
Si la directive ordonne clairement l’arrêt des activités des formations concernées, plusieurs éléments restent toutefois à préciser. Le document présenté ne détaille pas les motifs exacts de la mesure, n’en précise pas explicitement la durée et ne mentionne pas clairement les dispositions juridiques sur lesquelles elle repose.
Une distinction demeure essentielle : la suspension des activités politiques ne signifie pas, à elle seule, que les partis concernés ont été formellement dissous. En l’état des informations contenues dans le document présenté, aucune dissolution officielle n’est annoncée.
Les modalités d’application de la mesure et ses conséquences sur le fonctionnement des formations visées restent donc à éclaircir.
Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par des tensions entre les autorités en place et plusieurs personnalités de l’opposition. La présence du PPRD parmi les formations concernées confère à la mesure une portée politique particulière, compte tenu du rôle de Joseph Kabila dans la vie politique congolaise.
L’application de la directive par les autorités provinciales, les réactions des partis concernés et les éventuelles précisions du gouvernement sur les fondements juridiques de sa décision seront déterminantes pour mieux comprendre la portée de cette mesure.
Gires Kasongo
