La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a ouvert ce vendredi 19 decembre 2025, les débats concernant le général Philémon Yav, ancien commandant de la deuxième région militaire, et l’enjeu est de taille : il fait face à des accusations de trahison et d’incitation à la rébellion. Deux affaires distinctes, mais qui se rejoignent dans un tableau de tensions militaires inédites.

Le général Yav, surnommé le « Tigre Katangais », est soupçonné d’avoir fomenté des actes contraires à l’honneur et à la discipline militaires. Son implication présumée dans un mouvement insurrectionnel l’a placé sous les feux des projecteurs, mais les répercussions de ses actions pourraient dépasser son seul cas. La confluence d’intérêts personnels et de rivalités politiques au sein de l’armée congolaise rend le climat encore plus volatile.

Arrêté en septembre 2022, Yav servait à l’époque de l’antique rempart face aux groupes armés fusionnant dans l’Est du pays. Sa proximité avec l’ancien président Joseph Kabila alimente les suspicions. Pour certains, « son arrestation s’inscrit dans une bataille de pouvoir entre les partisans de l’actuel président Félix Tshisekedi et ceux qui regardent vers le passé ».

Ces tensions s’exacerbent alors même que la RDC fait face à une exacerbation des violences dans l’Est, notamment de la part du M23, mouvement accusé de recevoir un soutien militaire du Rwanda.

 

« Il existe une main noire là-derrière », a récemment affirmé Felix Tshisekedi, pointant du doigt les complicités internes.

Ce procès, bien plus qu’un simple événement judiciaire, est un révélateur des fractures profondes qui déchirent l’armée congolaise et, par ricochet, l’ensemble du pays. Les regards sont rivés sur le prétoire, où se dessine le destin de toute une institution.C’est un procès qui s’annonce explosif.

 

Loss-Adonis Ngoyi