Les chefs des confessions religieuses de la République démocratique du Congo ont affiché, lundi 13 avril à Kinshasa, une opposition catégorique à la proposition de loi visant à transférer à l’Assemblée nationale la prérogative de désignation du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Réunis au sein de leur plateforme, ces leaders religieux dénoncent une initiative portée par le député national Meschack Mandefu, qu’ils considèrent comme une remise en cause de l’équilibre institutionnel et de la nature citoyenne de l’organe électoral.
Dans une déclaration publique, leur porte-parole, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, a fustigé une tentative de « politisation excessive » d’une institution censée incarner la neutralité, l’impartialité et la crédibilité du processus électoral.
« L’attribution de cette compétence à l’Assemblée nationale comporte des risques majeurs, notamment celui d’accentuer la politisation d’une institution dont l’indépendance reste un impératif », a-t-il martelé.
Les confessions religieuses pointent également un conflit d’intérêts structurel : les députés nationaux, appelés à désigner le président de la CENI, sont eux-mêmes des acteurs politiques engagés dans la compétition électorale.
Au-delà de cet enjeu, elles alertent sur « une réduction de l’espace de participation des forces sociales », estimant que cette réforme constituerait « un recul démocratique préoccupant », en référence aux dysfonctionnements observés lors du cycle électoral de 2011.
Face à ces risques, la plateforme plaide pour le maintien du dispositif actuel, jugé plus inclusif et plus conforme aux exigences de transparence et de crédibilité électorales.
« Nous appelons à la responsabilité des élus, au respect de l’éthique républicaine et à un sursaut patriotique afin de préserver la confiance autour du processus électoral et garantir la tenue de scrutins libres, transparents et apaisés », a conclu l’archevêque.
La désignation du président de la CENI relève de la société civile, à travers la composante des confessions religieuses. Le candidat proposé est ensuite validé par l’Assemblée nationale avant sa nomination par ordonnance présidentielle.
Le député Meschack Mandefu, élu du Congrès national congolais (CNC), entend toutefois rebattre les cartes.
Il a récemment déposé deux propositions de loi visant à réformer en profondeur la CENI ainsi que l’architecture du système électoral congolais.
Don de Dieu Mbavu
