La tension politique est montée d’un cran mercredi 27 mai à l’Assemblée nationale. Les députés du groupe parlementaire «Ensemble», affilié à l’opposition, ont quitté la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo, dénonçant un débat « inopportun » dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.

À la tête de cette fronde parlementaire, Christian Mwando, élu de Moba dans la province du Tanganyika, a conduit les députés de son camp hors de l’hémicycle pour marquer leur désapprobation. Pour ces élus, l’examen d’un texte lié au référendum intervient au moment où plusieurs territoires de l’Est demeurent sous la menace des rebelles de l’AFC/M23, accusés d’être soutenus par le Rwanda.

Dans une déclaration politique lue devant la salle des plénières, les députés d’Ensemble ont directement interpellé le chef de l’État, Félix Tshisekedi. Ils l’ont appelé à «mettre fin aux initiatives susceptibles de légitimer la rébellion dans l’Est de la République», estimant que les priorités nationales devraient se concentrer sur la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale.

Au-delà de la question sécuritaire, l’opposition soupçonne une volonté de révision constitutionnelle dissimulée derrière cette proposition de loi.

Selon le groupe parlementaire «Ensemble», cette démarche viserait à modifier le nombre et la durée des mandats présidentiels, tout en réduisant les prérogatives constitutionnelles des provinces, dans ce qu’il qualifie de «dérive autoritaire».

Durcissant davantage le ton, les élus de l’opposition ont dénoncé un projet qu’ils jugent «dangereux pour la nation». Ils estiment qu’un changement de la Constitution dans le contexte actuel pourrait fragiliser davantage l’unité nationale et ouvrir la voie à une « balkanisation » du pays.

À l’origine de la controverse, la proposition de loi initiée par Paul-Gaspard Ngondankoy avait été déclarée recevable par l’Assemblée nationale le 30 avril dernier. Déposé depuis le 14 décembre 2024, le texte a ensuite été transmis à la commission Politique, administrative et juridique (PAJ) pour un examen approfondi avant son débat en plénière.

Face aux critiques de l’opposition, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a tenu à recadrer les échanges en rejetant toute accusation liée à une supposée organisation d’un référendum au sein de la chambre basse.

«Personne ici n’organise un référendum. Nous sommes simplement dans l’exercice normal de notre mission de légiférer. Il ne faut pas induire l’opinion publique en erreur», a déclaré le président de l’Assemblée nationale, tout en prenant acte du retrait des députés d’Ensemble.

Malgré ce boycott, la chambre basse du Parlement a poursuivi l’examen du texte, dans un climat politique de plus en plus tendu autour de la question d’une éventuelle révision constitutionnelle en RDC.

Don de Dieu Mbavu