Les investissements miniers en République démocratique du Congo continuent de se heurter à un défi majeur : l’insécurité. Malgré un cadre législatif jugé attractif, la persistance des conflits dans l’est du pays décourage les projets à long terme.
Interrogé par 24 News Agency lundi 13 Juillet, l’expert minier Jérôme Sekana estime que le Code minier congolais offre déjà de nombreux avantages aux investisseurs. Toutefois, souligne-t-il, les entreprises qui engagent des investissements de plusieurs milliards de dollars recherchent avant tout des garanties de sécurité leur permettant d’exercer leurs activités dans un environnement stable pendant de nombreuses années.
S’agissant de la transparence dans l’attribution des titres miniers, Jérôme Sekana rejette les accusations de fraude généralisée. Selon lui, le Cadastre minier (CAMI) fonctionne aujourd’hui de manière plus transparente et poursuit sa modernisation. Il reconnaît néanmoins que certains détenteurs de permis de recherche exploitent illégalement des minerais sans avoir obtenu de permis d’exploitation, en violation du Code minier. Il plaide ainsi pour un renforcement des mécanismes de contrôle et le recours à des outils modernes de surveillance afin de sanctionner ces pratiques.
L’expert rappelle également que le secteur minier demeure un moteur important de la croissance économique. Bien que l’exploitation minière génère relativement peu d’emplois directs en raison de la mécanisation, elle contribue de manière significative aux recettes de l’État et au développement des communautés locales grâce aux obligations sociales prévues par le Code minier.
Enfin, Jérôme Sekana estime que deux conditions sont essentielles pour attirer durablement les investisseurs : la sécurité et le respect strict du Code minier. Il souligne par ailleurs que l’exploitation minière a un impact sur l’environnement et invite la RDC à mieux valoriser son immense patrimoine forestier. Selon lui, le développement des marchés du carbone pourrait, à long terme, constituer une source de revenus plus durable tout en préservant les ressources naturelles, contrairement aux minerais, qui sont des ressources non renouvelables.
N’songo Ursule
