Le retard observé dans le paiement des salaires de janvier des agents et fonctionnaires de l’État, dont certains n’avaient toujours rien perçu au 18 février, suscite un vif débat en République démocratique du Congo. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer cette situation, rappelant que le salaire des agents publics constitue un droit garanti.
Parmi ces avis divergents, certains estiment que la responsabilité de ce retard incombe à la Banque Centrale du Congo. C’est notamment la position du député national et professeur d’économie Godé Mpoyi, qui affirme que la gestion du taux de change aurait fragilisé la capacité de paiement.
Selon lui, la masse salariale avait été votée sur la base d’un taux de change plus élevé, ce qui facilitait la couverture des salaires. La révision ultérieure de ce taux aurait créé un manque à gagner, rendant le paiement plus difficile et obligeant l’État à recourir à d’autres mécanismes financiers pour combler l’écart.
À l’inverse, le président du parti politique Le Centre, Germain Kambinga, estime que la Banque centrale ne saurait être tenue pour responsable. Pour lui, le problème est avant tout structurel et relève d’une gestion budgétaire rigide, marquée par l’absence d’une programmation infra-annuelle crédible et d’un pilotage efficace de la trésorerie publique. Il souligne que l’institution monétaire a un rôle strictement financier et ne peut compenser des insuffisances budgétaires.
De son côté, le gouvernement, par la voix du ministre des Finances Doudou Fwamba, explique que ces retards s’inscrivent dans les ajustements habituels du début d’exercice budgétaire. Selon lui, les nouvelles mécanisations administratives et d’autres réajustements techniques expliquent ce décalage temporaire.
Zéphyrin Pengume
