L’opposition politique en République démocratique du Congo se montre désintéressée par les sanctions américaines infligées contre le régime de Paul Kagame. Deux opposants seulement, Martin Fayulu et Denis Mukwege, se sont clairement prononcés en faveur de la décision prise par le Trésor américain.

Dans un long message publié sur sa page officielle, Denis Mukwege rappelle que « le Rwanda est un pays largement dépendant de l’aide étrangère et donc très vulnérable aux pressions internationales ».

Ces sanctions américaines visant quatre officiers de l’armée rwandaise, ajoute-t-il, « devraient entraîner le retrait du Rwanda en tant que pays contributeur de troupes au sein du département des opérations de paix des Nations unies », précise le prix Nobel de la paix 2018, avant d’exhorter l’Union européenne et d’autres pays, comme la France et la Pologne, à suspendre sans plus tarder leur coopération sécuritaire et militaire et à geler l’aide budgétaire directe au Rwanda.

De son côté, le leader de la coalition Lamuka a salué sur X la décision du Trésor américain visant l’armée rwandaise, précisant que « ces sanctions vont dans le sens de mettre la pression sur Kigali afin de respecter la résolution 2773 », exigeant le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.

Hormis ces deux opposants, aucune autre déclaration officielle de l’opposition n’a été signalée, ni du côté de Moïse Katumbi, ni du PPRD de l’ancien président Joseph Kabila, encore moins de Matata Ponyo et consorts. Cette posture vise à renforcer les accusations du gouvernement de la RDC selon lesquelles certains opposants roulent en faveur du régime de Paul Kagame.

 

Faustin Kalenga