Le Président de la République s’est exprimé ce samedi devant les corps diplomatiques accrédités en RDC à l’occasion de la présentation des vœux pour l’année 2026. Félix Tshisekedi a abordé un certain nombre de sujets, notamment celui du dialogue national qui fait débat dans ce contexte de recherche de solutions au conflit armé qui secoue l’est du pays. Le président a manifesté sa volonté d’organiser ce dialogue.

Une adhésion au dialogue inclusif

« Nous réaffirmons notre adhésion à un dialogue inclusif mais qui ne remet pas en cause les institutions de la République issues du suffrage universel », a-t-il déclaré.

Débat sur le lieu du dialogue

Alors que de nombreux opposants soutiennent que le dialogue ne peut se tenir sur le sol congolais pour attester de sa neutralité, ce n’est pas vraiment l’avis du président congolais, qui estime que le dialogue doit se tenir sur le sol congolais et non ailleurs.

« S’il devait se tenir, le dialogue se tiendra sur le sol congolais, conformément aux lois du pays, mais pas pour répondre aux exigences de certains acteurs de la communauté internationale. »

Division au sein de la classe politique

Le dialogue dit inclusif a longuement divisé la classe politique congolaise, entre ceux qui pensent que c’est la seule voie pouvant permettre de trouver une solution à la crise et ceux qui s’y opposent, estimant que la guerre dans l’est est une commande du président rwandais. Par conséquent, un dialogue entre Congolais ne peut résoudre la crise. Le président congolais a toutefois souligné que le dialogue ne se tiendra pas pour légitimer l’agression :

« Il ne s’agira pas de légitimer l’agression. La justice suivra son cours. Dialogue oui, mais pas avec les auteurs des crimes commis contre notre population. Notre main reste tendue pour une paix véritable. »

À quoi s’attendre de l’opposition

Comment réagira l’opposition à cette position exprimée par le président Tshisekedi, quand on sait que beaucoup d’acteurs clés sont sous le coup de la justice et ne sont pas prêts à céder ? Selon ses proches, « Si Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour la République, ne fait pas l’objet d’une poursuite, il n’est même pas dans ce cas prêt à revenir au pays. »

Un dialogue complexe à envisager

Le dialogue inclusif implique aussi Joseph Kabila et Corneille Nangaa, deux acteurs majeurs de la crise, qui semblent également réticents à fouler le sol congolais, une lourde condamnation pesant sur eux. Ainsi, aux yeux de beaucoup, le chemin vers ce fameux dialogue est encore long, alors que sur le terrain, les armes crépitent au quotidien.

Jacques Amboka