Un an après la chute de Goma, l’occupation de cette métropole de plus de quatre millions d’habitants continue de susciter indignation et interrogations au sein de l’opinion congolaise. À l’occasion de ce triste anniversaire, le citoyen congolais, chroniqueur politique et chercheur en droit interne et international Azarias Mokonzi a adressé un message fort aux leaders politiques et de la société civile, les exhortant à privilégier l’unité nationale et la défense de la souveraineté de la République démocratique du Congo.

Une date marquée par le sang et la résistance

Dans sa réflexion, Azarias Mokonzi revient sur la nuit du 26 au 27 janvier 2025, qu’il qualifie de « plaie ouverte » dans la mémoire collective congolaise. Cette nuit-là, la ville de Goma tombait aux mains des forces rebelles, au prix de nombreuses vies d’innocents et de patriotes ayant tenté de défendre la ville. Pour l’auteur, cet événement doit servir d’électrochoc, tant pour le peuple que pour les dirigeants, afin de susciter des actions urgentes et concrètes pour la protection de cette ville stratégique.

Une guerre d’occupation, pas une lutte de libération

Azarias Mokonzi rejette fermement la thèse d’une lutte de libération menée par Corneille Nangaa et ses alliés. Selon lui, le mouvement armé AFC-M23 s’inscrit dans une logique expansionniste visant l’occupation durable des territoires congolais. Il souligne que le Rwanda, longtemps accusé puis dans le déni, revendique désormais ouvertement certaines portions du territoire congolais, invoquant des découpages coloniaux, ce qui trahirait une stratégie de conquête à long terme.

L’auteur déplore également l’attitude de certains Congolais qui, par ambition personnelle ou par frustration politique, choisissent de s’allier à l’agresseur. Pour lui, cette posture relève d’une trahison grave, car aucun pouvoir ne peut exister sans un territoire souverain ni un peuple libre. En pactisant avec les forces d’occupation, ces acteurs contribuent, selon ses termes, au morcellement de la patrie.

Pour un bloc républicain face à l’agression

Face à la multiplication des adhésions au mouvement rebelle, Azarias Mokonzi appelle à la constitution d’un bloc républicain, réunissant majorité, opposition et société civile. Il reconnaît que la critique de la gouvernance est légitime dans une démocratie, mais insiste sur le caractère non négociable de l’unité nationale, condition essentielle pour faire face à la guerre d’usure imposée au pays.

L’auteur se montre particulièrement critique vis-à-vis des appels à un dialogue incluant l’AFC-M23. Il s’interroge sur la pertinence de discussions politiques alors que plus de 10 000 victimes auraient péri sans justice ni réparation. Pour lui, récompenser la prise d’armes par des postes ministériels ou des promotions militaires constituerait un précédent dangereux, légitimant la violence comme moyen d’accès au pouvoir.

Pas de paix durable sans justice

Tout en reconnaissant que le dialogue peut être un instrument de paix, Azarias Mokonzi rappelle une condition essentielle : il n’y a pas de réconciliation sans justice. Il en appelle à la sagesse du Chef de l’État, estimant que toute solution durable doit impérativement passer par la reconnaissance des crimes commis et la réparation due aux victimes.

Enfin, l’auteur s’adresse à ceux qui soutiennent la rébellion sous couvert de contestation de la gouvernance du président Félix Tshisekedi. Il les met en garde contre le jugement de l’histoire et réaffirme que la véritable lutte pour le changement est démocratique, menée par les idées et les urnes, et non par les armes.

Azarias Mokonzi conclut son message par un appel solennel à la défense de la souveraineté nationale et à l’unité du pays, réaffirmant son attachement à une République démocratique du Congo, une et indivisible.

 

Gires Kasongo