Un dialogue de haut niveau réunissant diplomates, acteurs de la société civile, experts et autorités congolaises s’est tenu le lundi 25 avril 2026 à Kinshasa autour des crimes de masse commis en République démocratique du Congo. Les participants ont évoqué les atrocités perpétrées au cours des différentes guerres et conflits qui ont frappé le pays : massacres systématiques, violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, traitements inhumains infligés aux populations civiles.

Au cours des échanges, les intervenants ont insisté sur la nécessité de documenter ces crimes et de préserver la mémoire des victimes. Pour plusieurs acteurs de la société civile, certains massacres répondent aux critères juridiques du génocide tels que définis par la Convention des Nations unies de 1948 et le Statut de Rome. Ils dénoncent le silence ou la prudence de la communauté internationale, qui qualifie le plus souvent ces violences de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité.

Prenant la parole devant les diplomates accrédités en RDC, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a affirmé que certains crimes commis sur le territoire congolais présentent un caractère génocidaire. L’objectif de cette rencontre, a-t-il expliqué, est de sensibiliser les partenaires internationaux à la nécessité d’appliquer une qualification juridique conforme aux faits documentés. « Chaque crime doit être reconnu selon sa nature réelle afin de garantir vérité, justice et réparation aux victimes », a-t-il déclaré.

Les discussions ont aussi porté sur la diversité ethnique et culturelle de la RDC, présentée à la fois comme une richesse nationale et un facteur de fragilité dans un contexte de conflits armés. Plusieurs participants ont estimé que les violences ciblant certaines communautés sont encore minimisées ou insuffisamment reconnues. Ils ont plaidé pour une reconnaissance internationale plus juste des souffrances subies et pour un engagement diplomatique renforcé dans la lutte contre l’impunité.

À l’issue de la rencontre, les organisateurs ont appelé à la construction d’une mémoire nationale forte et inclusive, fondée sur la vérité historique, la justice et la dignité des victimes. Ils ont exhorté les institutions nationales et internationales à agir pour prévenir la répétition de ces violences et garantir des réparations aux populations affectées. Les participants ont enfin réaffirmé leur volonté de poursuivre le travail de mémoire et le plaidoyer pour la reconnaissance des crimes commis en RDC.

Betty Feza