Les bruits de couloir font état d’un possible remaniement du gouvernement, et pas seulement cela. Le chef de l’État pourrait, une fois de plus, revoir son équipe gouvernementale afin de l’adapter au contexte actuel, d’autant plus que les résultats ne suivent pas, ou du moins pas à la hauteur des attentes de la population.
« Je ne peux pas te confirmer quand, mais il interviendra. Peut-être au premier trimestre 2026 », confie une source très bien introduite.
Cet exercice n’est certes pas simple dans un contexte démocratique régi par les règles du jeu politique, où le chef de l’État reste à l’écoute des partis politiques qui lui proposent des noms à la nomination. Bien qu’il dispose d’une large marge de manœuvre lui permettant de refuser certaines candidatures, le président de la République subit souvent de fortes pressions, les partis politiques constituant la base de soutien du pouvoir.
Cependant, aux yeux de nombreux observateurs, la plupart des noms présentés au chef de l’État et qui se retrouvent au gouvernement sont loin de répondre aux critères requis pour faire partie de l’Exécutif. Dans un contexte particulièrement tendu, marqué par l’agression dont est victime la RDC, Félix Tshisekedi est appelé à opérer un casting rigoureux dans le choix des membres du gouvernement, de ses collaborateurs et, plus largement, de toute personne appelée à occuper un poste de responsabilité dans le pays.
Ainsi, malgré toute la volonté que le numéro un du pays peut avoir pour faire avancer les choses, si le choix des personnes appelées à l’accompagner n’est pas judicieux, l’échec devient prévisible. En son temps, le maréchal Mobutu disait :
« Le Président de la République n’est pas un magicien ; seul, il ne peut rien ».
Le combat que mène Félix Tshisekedi pour l’intégrité du territoire national est crucial pour l’avenir de ce pays situé au centre de l’Afrique, mais aussi au cœur de nombreuses convoitises.
Si le président de la République devait retoucher son gouvernement, il devrait d’abord garder à l’esprit qu’il a déçu de nombreux Congolais lors de l’annonce du gouvernement Suminwa II. La plupart des figures reconduites ou nouvellement intégrées n’auraient pas dû y figurer. Si l’adage selon lequel « on ne change pas une équipe qui gagne » est valable, son contraire l’est tout autant : on ne reconduit pas une équipe qui a échoué.
Que doit donc faire le président de la République ? Prendre tout son temps, échanger avec les partis politiques qui, comme d’habitude, peuvent proposer des noms, mais surtout fixer clairement les attentes et les objectifs à toute personne appelée à assumer une responsabilité gouvernementale.
Si la RDC se bat contre le Rwanda pour préserver son intégrité territoriale, si Paul Kagame convoite les richesses et les terres congolaises, Tshisekedi doit tirer certaines leçons de son adversaire : une bonne organisation, un choix rigoureux des collaborateurs et une discipline sans détour, qui ne laisse aucune opportunité à ceux qui viennent uniquement pour voler, détourner et n’apportent rien au progrès du pays.
C’est un véritable gâchis pour la nation d’avoir des ministres qui, non seulement ne sont pas aptes à occuper des fonctions exécutives, mais perçoivent en plus des émoluments colossaux tout en se livrant au détournement des fonds publics.
Ainsi, à la publication de la nouvelle équipe gouvernementale, les Congolais pourront mesurer la réelle volonté du chef de l’État de faire face au plus grand combat de son second mandat : le rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national. Félix Tshisekedi, fils d’un fin politicien auprès duquel il a beaucoup appris, doit être capable de détecter les compétences, de se séparer des improductifs et de faire des choix judicieux pour sortir le pays du marasme sécuritaire, sociopolitique et économique.
Quoi qu’il en soit, à l’heure du bilan, une seule personne sera tenue pour responsable : Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Jacques Amboka
