Au Royaume-Uni, Kemi Badenoch cherche à repositionner le Parti conservateur après sa lourde défaite aux élections législatives de juillet 2024. À la tête de la formation depuis novembre de la même année, elle veut convaincre les électeurs que les conservateurs peuvent de nouveau gouverner le pays. Son discours s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue avec Reform UK, le parti de Nigel Farage, sur les questions migratoires et économiques.
Lors de la conférence annuelle des conservateurs, organisée à Birmingham du 94 aj 07 octobre 2026, Kemi Badenoch a présenté sa vision politique dans un document intitulé *The Right Way*. Elle y défend une réduction du rôle de l’État, une meilleure maîtrise des dépenses publiques et une économie davantage portée par les entreprises privées. Elle entend ainsi marquer sa différence avec le Parti travailliste au pouvoir.
L’immigration constitue l’un des principaux axes de son discours. La responsable conservatrice réclame un durcissement de la lutte contre l’immigration irrégulière, notamment les traversées de la Manche à bord de petites embarcations. Elle accuse le gouvernement de ne pas apporter une réponse suffisamment efficace à cette situation, un sujet qui demeure au cœur des débats politiques britanniques.
Sur le plan économique, Kemi Badenoch mise sur la réduction de certaines taxes et l’allègement des contraintes réglementaires pour encourager l’investissement. Selon elle, la croissance doit constituer la priorité du prochain gouvernement conservateur. Cette orientation vise à soutenir les entreprises, à stimuler l’activité économique et à favoriser la création d’emplois.
L’emploi des jeunes figure également parmi ses propositions. Le 6 octobre 2026, elle a annoncé un projet de réduction de moitié des cotisations patronales d’assurance nationale pour les salariés âgés de 21 à 24 ans. Évaluée à 2,3 milliards de livres sterling par an, cette mesure vise à inciter les employeurs à recruter davantage de jeunes travailleurs.
La dirigeante conservatrice a également promis de supprimer les droits de succession sur les résidences familiales si son parti revient au pouvoir. Elle propose notamment de permettre aux couples de transmettre leur résidence principale à leurs descendants sans payer cet impôt, tout en relevant les seuils d’exonération. Ses adversaires critiquent une mesure qu’ils jugent davantage favorable aux propriétaires les plus aisés.
Pour financer ses engagements, le Parti conservateur affirme vouloir réaliser 71 milliards de livres sterling d’économies, notamment par la réduction de certaines dépenses sociales et de la taille de l’État. Cette stratégie soulève toutefois des interrogations sur ses conséquences pour les ménages modestes et sur la faisabilité des économies annoncées.
À travers ces propositions, Kemi Badenoch veut faire des conservateurs une alternative au gouvernement travailliste, en mettant l’accent sur l’emploi, la maîtrise des dépenses publiques et le contrôle des frontières. Mais son parti doit encore regagner la confiance d’une partie de l’électorat après sa défaite de 2024, dans un paysage politique où Reform UK conteste son influence à droite. La capacité de ses propositions à produire des résultats concrets demeure un enjeu central de son projet politique.
Claude Jovial Wendy
