Au total, quinze fosses communes et cinq tombes ont été découvertes dans plusieurs localités du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. L’information a été rendue publique le 16 août 2026 par l’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu, qui poursuit les investigations afin de déterminer les circonstances de ces décès et d’établir les éventuelles responsabilités.

Selon les premiers éléments communiqués par la justice militaire congolaise, les sépultures pourraient être liées à des tueries de civils survenues lors d’attaques armées attribuées à des combattants de l’AFC/M23 et à l’armée rwandaise. Ces accusations devront toutefois être étayées par les résultats des enquêtes et des expertises en cours.

Les investigations sont menées sous la direction du magistrat militaire, le colonel Jean-Baptiste Ngoma Kumu, et couvrent la période allant du 8 décembre 2025 au 16 août 2026.

Kikuwe et Lemera parmi les principaux sites concernés

Les découvertes ont été enregistrées dans plusieurs localités du territoire d’Uvira.

À Kikuwe, les enquêteurs ont recensé sept fosses communes et une tombe, faisant de cette localité le principal site concerné. À Lemera, quatre fosses communes et une tombe ont été découvertes.

Les localités de Kidoti et Mulenge comptent chacune une fosse commune, tandis que trois tombes ont été identifiées à Ruringe.

Au cours de leurs opérations, les enquêteurs ont également retrouvé certains éléments matériels susceptibles d’intéresser la procédure, notamment une tenue militaire présentée comme similaire à celles portées par les militaires rwandais, ainsi qu’une caisse de munitions.

Ces éléments doivent faire l’objet d’analyses approfondies afin d’en déterminer l’origine et d’établir leur éventuel lien avec les faits examinés.

Des mandats d’arrêt annoncés

Face à la gravité des faits présumés, l’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu indique vouloir transmettre les éléments recueillis aux experts des services spécialisés afin de poursuivre les investigations et de renforcer le dossier judiciaire.

La justice militaire a également annoncé l’émission prochaine de mandats d’arrêt contre plusieurs personnes qu’elle présente comme des responsables ou des membres influents de l’AFC/M23.

Parmi les personnes citées figurent Bernardin Mungu, présenté comme le chef de la branche militaire de l’AFC/M23, ainsi que Marcelin Tshitshombo, Joël Namenene, le professeur Stanley Rugurukwa et le professeur Godefroid Muruvwa, présentés comme des membres influents de la branche politique du mouvement.

Le chef coutumier de la plaine de la Ruzizi, Richard Nzibere, Adam Dare Kalingishe et le chef coutumier de Lemera sont, quant à eux, présentés comme des renseignants, en raison des informations qu’ils seraient susceptibles de détenir sur les faits enquêtés.

Selon l’Auditorat militaire, les personnes mises en cause font l’objet de poursuites pour des faits susceptibles de relever des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, qui auraient été commis dans cette partie du Sud-Kivu.

Les expertises attendues

La découverte de ces fosses et tombes intervient dans un contexte marqué par de graves violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo.

La poursuite des investigations devra notamment permettre d’identifier les victimes, de déterminer les circonstances et les dates de leur mort et, le cas échéant, d’établir les responsabilités individuelles.

Les expertises annoncées par la justice militaire seront donc déterminantes pour confirmer la nature des faits, identifier les auteurs présumés et déterminer les éventuelles responsabilités pénales.

L’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu affirme vouloir poursuivre les investigations jusqu’à la manifestation de la vérité et la mise à la disposition de la justice des personnes qui seraient impliquées dans ces faits présumés.

Don de Dieu Mbavu