Aussi surprenant que rocambolesque, le M23/AFC, soutenu par le RDF, a annoncé son retrait unilatéral de la ville d’Uvira. Quelques jours après avoir délogé, sans combat, les FARDC et les compatriotes Wazalendo, Paul Kagame aurait donné l’ordre à ses troupes d’expédition de quitter cette ville stratégique, dont la chute avait plongé la population dans une débandade totale.

Un communiqué aux conditions ambiguës

Dans un communiqué publié par le mouvement, les dirigeants du M23/AFC posent un certain nombre de conditions, notamment celle selon laquelle la ville devrait être protégée par une force neutre autre que les FARDC, les Wazalendo ou les FDLR. Dans l’esprit des responsables de ce mouvement, il fallait manifestement trouver des arguments pour justifier ce retrait, alors qu’ils savent pertinemment que les FDLR ne sont ni alliées aux FARDC ni en mesure d’assurer, en aucun cas, la protection de la population civile.

Washington, véritable centre de décision

Le retrait du M23/AFC, sous l’autorité du RDF, constitue un signe éloquent du choix opéré par le président Félix Tshisekedi de dialoguer directement avec les États-Unis et avec le véritable parrain de ce mouvement armé, à savoir Paul Kagame. En réalité, aucune raison militaire ne justifiait une telle décision, alors que le M23/AFC se trouvait en position de force sur le terrain. Washington ne négociant pas avec des groupes armés, un ordre aurait été transmis au véritable décideur de ce mouvement, lequel a décidé de retirer ses troupes.

Une humiliation diplomatique pour Donald Trump

La prise de la ville d’Uvira a constitué une humiliation pour le président américain Donald Trump, initiateur du processus ayant conduit à la signature de l’accord de paix du 4 décembre dernier. Les observateurs ont relevé l’attitude jugée arrogante du président rwandais lors de la signature de cet accord.
Dès lors, il apparaissait clairement que Paul Kagame n’était pas disposé à en respecter les termes. Les événements qui ont suivi, notamment la prise d’Uvira quelques heures plus tard, en ont constitué une illustration éloquente. Toutefois, le retrait annoncé aujourd’hui du M23/AFC représente un signal encourageant pour le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, qui, malgré le processus de Doha, ne se méprend pas sur l’identité du véritable instigateur des violences dans l’est de la RDC.

Le poids d’un appel téléphonique

Cette décision, qui réjouit la population congolaise, en particulier celle d’Uvira, démontre à suffisance qu’un simple coup de téléphone du président Donald Trump peut s’avérer plus puissant que les armes utilisées par le M23/AFC/RDF. S’il est difficile de nier l’organisation et l’efficacité de l’armée rwandaise, il est tout aussi évident qu’elle ne peut s’inscrire dans la durée sans un soutien extérieur solide. Donald Trump dispose des leviers nécessaires pour mettre fin à cette hémorragie et permettre à cette région de devenir un véritable hub économique, au bénéfice de tous.

JAM