L’année 2023 s’annonce avec un éventail d’élections générales pour le continent africain. En effet, de nombreux scrutins sont prévus dans plusieurs pays. On compte en particulier 6 élections présidentielles qui se dérouleront au Nigeria , en Sierra Leone, au Gabon , au Libéria , à Madagascar , et en République Démocratique du Congo. 

 

Le Nigeria ouvre la série avec un scrutin prévu le 25 février. Cette présidentielle sera marquée par une alternance au sommet de l’Etat, l’actuel président Muhammadu Buhari ne pouvant pas se présenter après avoir bouclé ses deux mandats consécutifs. Ainsi, la présidentielle oppose entre autres deux grandes têtes d’affiche : Bola Ahmed Tinubu, candidat du parti au pouvoir, l’All Progressives Congress (APC), et Atiku Abubakar, leader du principal parti d’opposition, le Parti démocratique populaire (PDP).

 

Au Sierra Leone ,l’élection présidentielle est fixée au 24 juin. Julius Maada Bio, du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), va tenter de remporter un second mandat à la tête du pays. Ambition quelque peu utopique

vu le mécontentement populaire grandissant, en raison de la cherté de la vie consécutive à une inflation galopante. Du côté de l’opposition, 15 partis politiques discutent de l’éventualité de mettre en place une coalition. Mais les rivalités entre eux risquent de compromettre cette candidature unique.

 

Au Gabon , la présidentielle est prévue pour août prochain. Des doutes subsistent quant à la volonté du président Ali Bongo Ondimba de briguer un troisième mandat. Du côté de l’opposition, l’heure semble aux querelles intestines plutôt qu’à l’union des forces. En effet, l’opposition gabonaise semble orpheline d’un leader. Et en l’absence d’unité au sein de l’opposition gabonaise, il y a peu de chances de voir un changement à la tête du pays.

 

Le Liberia, plus ancienne république d’Afrique, va organiser son élection présidentielle en octobre prochain. Et George Weah ambitionne briguer un second mandat à la tête du pays. Quant à l’opposition, elle est regroupée au sein de la coalition Collaborating Political Parties (CPP) dirigée par Alexander Cummings, leader de l’Alternative National Congress (ANC). Elle multiplie les attaques contre le président sortant qui, à ses yeux, a échoué à lutter contre la corruption endémique, à faire face au ralentissement économique et à la dégradation des conditions de vie des populations.

 

Du côté du Madagascar, Andry Rajoelina ne s’est toujours pas prononcé pour le scrutin prévu en novembre. En revanche, il sillonne le pays avec des allures de pré-campagne. Il doit faire face à une opposition renforcée mais pas très bien structurée, réunie en une plateforme dénommée « Panorama » constituée de 17 partis politiques dirigée par l’ancien président Hery Rajaonarimampianina.

 

La République Démocratique du Congo clôture le bal avec une présidentielle fixée au 20 Décembre.Malgré les assurances du gouvernement et de la CENI , d’aucuns pensent que ces élections pourraient être repoussées. le président Félix Tshisekedi ne cache pas son intention de briguer un autre mandat après celui très controversé de 2019. Du côté des opposants, la liste s’est allongée, en plus de Martin Fayulu, qui continue de revendiquer la victoire au scrutin de 2018 est venue s’ajouter Moïse Katumbi l’ancien gouverneur du Katanga dont le parti Ensemble Ensemble pour la République, appartenait pourtant à l’Union sacrée, la coalition qui soutient le président Tshisekedi.

 

Si le processus démocratique est de plus en plus ancré au niveau du continent, force est de souligner que les présidentielles en Afrique sont souvent contestées par les perdants. Et d’ailleurs, ne dit-on pas que le pouvoir n’organise pas les élections pour les perdre?

 

 

Bénie Tabi