La Cour de cassation a rendu ce vendredi 18 septembre 2026 son arrêt dans l’affaire liée à la gestion des fonds du FRIVAO, destinés à indemniser les victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC. La haute juridiction a reconnu Constant Mutamba coupable de plusieurs faits de détournement de deniers publics et l’a condamné à 10 ans de travaux forcés.

Cette décision marque une nouvelle étape dans le parcours mouvementé de l’ancien ministre de la Justice. Avant son entrée au gouvernement, Constant Mutamba s’était fait connaître comme une figure montante de la scène politique congolaise. Ancien responsable de la NOGEC puis fondateur de la DYPRO, il avait notamment participé à la présidentielle de décembre 2023, devenant alors le plus jeune des candidats en lice.

Son ascension s’était accélérée après plusieurs années passées dans les milieux politiques proches de l’ancien régime. Après avoir quitté la famille politique de Joseph Kabila en 2021, il avait choisi de se positionner dans une opposition dite républicaine. Cette trajectoire lui avait permis de construire une certaine visibilité nationale et une image de jeune responsable politique au discours offensif.

En mai 2024, Constant Mutamba est nommé ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement dirigé par Judith Suminwa. À son arrivée, il avait promis des réformes profondes du secteur judiciaire et une « thérapie de choc » pour répondre aux dysfonctionnements de la justice congolaise.

Son passage au ministère avait rapidement suscité une forte attention publique, notamment en raison de ses prises de position et de plusieurs initiatives judiciaires. Mais cette ascension a été brutalement interrompue par les poursuites engagées contre lui dans des dossiers de gestion des fonds publics. Il avait quitté ses fonctions en 2025 tout en contestant les accusations portées contre lui.

Dans son arrêt rendu ce vendredi, la Cour de cassation a également condamné l’ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO, Chançard Bolukola, à sept ans de travaux forcés. Elle a ordonné la restitution de plusieurs sommes au compte du Fonds et prononcé, pour les deux condamnés, une interdiction de vote, d’éligibilité et d’accès aux fonctions publiques et paraétatiques pendant cinq ans après l’exécution de leurs peines.

La Rédaction