En marge de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron et Donald Trump se sont rencontrés lundi 21 septembre 2026 à New York, à la Trump Tower. L’entretien, d’environ une demi-heure, intervient dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et les perturbations des routes maritimes et énergétiques. Macron a qualifié les échanges de « très constructifs ».

Sur l’Ukraine, le président français a cherché à obtenir un engagement américain plus important en faveur de la défense ukrainienne. Il a notamment insisté sur l’accélération des livraisons de missiles intercepteurs destinés à renforcer la protection des villes et des infrastructures ukrainiennes contre les frappes russes. Les deux dirigeants ont également évoqué l’idée d’un moratoire sur les attaques visant les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes, une proposition que Macron devait ensuite présenter à Volodymyr Zelensky.

Cette initiative intervient alors que l’hiver approche et que la protection du réseau énergétique ukrainien constitue un enjeu majeur. Un éventuel accord sur les frappes contre les infrastructures énergétiques pourrait réduire temporairement les dégâts et créer un espace pour de nouvelles discussions diplomatiques. Mais sa mise en œuvre dépendrait notamment de l’acceptation de Moscou et de Kiev ainsi que de mécanismes permettant de vérifier le respect d’un éventuel engagement réciproque.

L’autre dossier majeur concerne la mer Rouge et les routes énergétiques du Moyen-Orient. Macron a évoqué avec Trump plusieurs pistes pour sécuriser la navigation et éviter une nouvelle flambée des prix du pétrole. Paris souhaite notamment travailler avec Washington et d’autres partenaires à une initiative internationale garantissant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, tandis que la France envisage également de contribuer à la protection défensive de certaines infrastructures énergétiques saoudiennes menacées par les attaques des Houthis.

Les enjeux dépassent donc largement le cadre militaire. La sécurisation d’Ormuz, de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb concerne directement le transport du pétrole, du gaz et des marchandises, avec des répercussions possibles sur les prix mondiaux, l’inflation et le pouvoir d’achat. Dans ce contexte, Macron cherche à maintenir une coordination étroite entre l’Europe et les États-Unis, tandis que Trump demeure un acteur central des efforts diplomatiques autour de l’Ukraine et des crises du Moyen-Orient.

La rencontre pourrait ainsi ouvrir plusieurs pistes dans les prochaines semaines : accélération du soutien défensif à l’Ukraine, discussions sur une trêve limitée concernant les infrastructures énergétiques et coopération internationale pour sécuriser les principales routes maritimes. Mais il ne s’agit pas encore d’accords définitifs : les discussions devront notamment être poursuivies avec l’Ukraine, la Russie et les partenaires du Moyen-Orient. La rencontre Macron-Trump apparaît donc surtout comme une étape diplomatique destinée à rapprocher les positions occidentales sur deux crises dont les conséquences dépassent désormais largement leurs régions d’origine.

Claude Jovial Wendy