Dans son discours devant la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a présenté son action diplomatique comme ayant permis de mettre fin à plusieurs conflits internationaux. La RDC et le Rwanda figuraient parmi les dossiers cités par le président américain. Cette déclaration s’inscrit dans le prolongement de l’accord de paix signé sous médiation américaine entre Kinshasa et Kigali, que Washington présente comme une étape majeure vers la fin des décennies de violences dans la région des Grands Lacs.
Le principal cadre de cet engagement est l’accord de Washington conclu entre la RDC et le Rwanda. Donald Trump avait déjà présenté cet accord comme historique lors de sa signature, affirmant qu’il devait mettre fin à des décennies de violences et ouvrir une nouvelle période de coopération entre les deux pays. Félix Tshisekedi et Paul Kagame avaient alors officiellement engagé leurs pays dans ce processus de paix sous l’égide américaine.
Mais dire que la guerre est terminée serait prématuré. Des combats ont encore été signalés dans l’Est de la RDC en 2026 entre le M23/AFC, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs évaluations internationales, et les forces pro-gouvernementales. En août, des affrontements importants étaient notamment rapportés au Sud-Kivu, tandis que des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu étaient encore en cours de mise en place.
La situation montre donc une différence importante entre l’accord diplomatique et la réalité militaire. Le processus de Washington a permis d’établir un cadre politique, mais sa mise en œuvre reste fragile. Le processus de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23 constitue parallèlement un autre volet essentiel des négociations visant à obtenir une cessation durable des hostilités.
Trump peut donc revendiquer un rôle important dans la conclusion de l’accord RDC-Rwanda, mais l’affirmation selon laquelle il aurait « terminé » une guerre de plus de 30 ans ne doit pas être présentée comme un fait établi. Des observateurs ont déjà relevé que plusieurs conflits que le président américain affirme avoir « terminés » ont en réalité connu des cessez-le-feu ou des accords encore fragiles.
En résumé : l’information est partiellement vraie. Trump a bien revendiqué devant l’ONU le règlement du conflit RDC-Rwanda et son administration joue un rôle central dans le processus de paix. En revanche, la guerre dans l’Est de la RDC n’est pas officiellement terminée, puisque des violences et des tensions militaires persistent et que les accords doivent encore être pleinement appliqués. Il serait donc plus exact pour un JT de titrer : « ONU : Trump revendique le règlement du conflit RDC-Rwanda, malgré la poursuite des tensions dans l’Est ».
Jacques Amboka
