La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, suscite une vive réaction dans la classe politique congolaise. Ce mercredi 14 octobre, Vital Kamerhe est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il considère comme une contradiction entre les discours de paix de son prédécesseur et le recours à la lutte armée.

Dans une vidéo publiée sur son compte X, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) estime que la naissance de cette nouvelle structure politico-militaire constitue un tournant important dans la vie politique de la République démocratique du Congo.

**« On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes »,** déclare-t-il, mettant directement en cause la cohérence entre les positions exprimées par Joseph Kabila et la nouvelle orientation politique et militaire associée à son nom.

Vital Kamerhe fait notamment le rapprochement entre le discours prononcé par l’ancien chef de l’État le 9 octobre et l’annonce de la création du FRN, trois jours plus tard à Goma, ville sous contrôle de l’AFC/M23. Cette succession d’événements soulève, selon lui, des interrogations auxquelles les Congolais sont en droit d’obtenir des réponses.

L’ancien président de l’Assemblée nationale rappelle également à Joseph Kabila sa responsabilité dans l’histoire récente du pays, lui qui a dirigé la RDC pendant dix-huit ans, de 2001 à 2019.

**« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur »,** affirme Vital Kamerhe, invitant les dirigeants politiques à assumer leur part de responsabilité dans les difficultés auxquelles le pays est confronté.

Au-delà de la confrontation politique, le responsable de l’UNC insiste sur le coût humain des conflits armés. Il évoque notamment les déplacements de populations, les enfants privés de scolarité et les violences subies par les femmes, autant de conséquences qui continuent de marquer les communautés touchées par l’insécurité.

Pour Vital Kamerhe, les rébellions successives n’ont pas permis d’apporter aux Congolais la sécurité, la justice et la prospérité auxquelles ils aspirent. Il plaide ainsi pour une rupture avec un cycle de violences qui fragilise durablement le pays.

Sur le plan politique, il réaffirme son soutien au président Félix Tshisekedi et appelle les Congolais à défendre pacifiquement la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel. Il exhorte également les responsables des mouvements armés à abandonner la lutte armée au profit du dialogue.

« À quoi bon prendre les armes pour finir autour de la table de la négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes en vies humaines ? », s’interroge-t-il, privilégiant une solution politique à la crise sécuritaire.

Cette sortie de Vital Kamerhe intervient alors que la création du FRN, annoncée le 12 octobre à Goma et associée aux responsables de l’AFC/M23, ouvre une nouvelle séquence de tensions politiques et sécuritaires. Sa déclaration place ainsi au centre du débat la compatibilité entre les appels au dialogue, les ambitions politiques et le recours aux armes dans la recherche d’une issue à la crise congolase.

 

Jacques Amboka Mokoko