Clôturé le jeudi 15 octobre 2026 à Brazzaville, l’atelier régional consacré à la surveillance transfrontalière et à la préparation aux épidémies a abouti à la validation technique de huit protocoles opérationnels harmonisés. Ces instruments visent à renforcer la coordination sanitaire entre les pays de la sous-région, dans un contexte marqué notamment par la persistance de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC).

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) franchit ainsi une nouvelle étape dans le renforcement de la sécurité sanitaire régionale. Organisés du 13 au 15 octobre 2026, les travaux ont réuni 102 participants autour de l’harmonisation des mécanismes de surveillance, de préparation et de riposte à la maladie à virus Ebola (MVE), ainsi qu’aux autres maladies à potentiel épidémique.

L’atelier a rassemblé des représentants des États membres de la CEMAC, de la RDC et de Sao Tomé-et-Principe, ainsi que des institutions communautaires, des organisations sanitaires et des partenaires techniques et financiers. Cette participation élargie témoigne de la nécessité d’une coopération dépassant les frontières nationales, les épidémies pouvant se propager rapidement d’un pays à l’autre.

Initialement au nombre de neuf, les projets de protocoles ont été examinés et amendés par les experts, avant que deux d’entre eux ne soient fusionnés, ramenant leur nombre à huit. Leur validation technique constitue une étape préalable à leur adoption par les instances compétentes. Leur mise en œuvre dépendra ensuite de leur appropriation par les autorités nationales et de leur intégration dans les dispositifs sanitaires de chaque pays.

Les travaux ont été répartis en cinq groupes thématiques portant sur la surveillance et les alertes, les points d’entrée et les laboratoires, la prise en charge clinique et la biosécurité, la communication sur les risques et l’engagement communautaire, ainsi que les aspects juridiques et l’approche « Une seule santé ».

Cette dernière repose sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Les participants ont également insisté sur la nécessité de maintenir les services de santé essentiels, de renforcer les capacités des laboratoires et des personnels de première ligne, ainsi que d’améliorer la gestion des déchets biologiques susceptibles de présenter des risques de contamination.

Par ailleurs, l’analyse régionale des risques a mis en évidence la vulnérabilité de certains axes transfrontaliers, notamment le long des cours d’eau reliant la RDC à la République centrafricaine et à la République du Congo. Face à ces risques, les experts ont préconisé un renforcement de la surveillance aux points d’entrée, des capacités de dépistage et de laboratoire, du partage d’informations entre les pays et de la communication sur les risques sanitaires.

La validation de ces huit protocoles constitue une avancée vers l’adoption de procédures communes de prévention et de riposte aux urgences sanitaires en Afrique centrale. Toutefois, leur efficacité dépendra de leur adoption institutionnelle, de la disponibilité des ressources financières et humaines, ainsi que de la capacité des États à coordonner leurs interventions.

Au-delà de l’harmonisation des procédures, le principal défi sera de traduire ces engagements en actions concrètes sur le terrain, afin de détecter rapidement les menaces épidémiques et d’en limiter la propagation à travers les frontières.

Solange Geandja, correspondante