Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, alerte sur la résurgence de certaines pratiques qu’il qualifie de rétrogrades, autrefois décriées sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila. Ces pratiques seraient de nouveau observées au rond-point Ngaba, dans le district de Mont-Amba, à Kinshasa.
Dans une alerte publiée sur son compte X ce vendredi 6 novembre 2026, cet activiste des droits humains dénonce des fouilles abusives des sacs et des téléphones portables de paisibles citoyens par des éléments des services spéciaux déployés à cet endroit. Il affirme avoir été témoin d’une scène de ce genre la veille, jeudi 5 novembre.
« Les agents des services spéciaux qui sont au rond-point Ngaba font réapparaître les mauvaises pratiques de fouiller les sacs et les téléphones des paisibles citoyens, au motif qu’ils cherchent des effets militaires ou des messages et images contre le chef de l’État », écrit-il.
Jean-Claude Katende rapporte également le cas de deux prêtres catholiques, les abbés Emmanuel Nyamankuru, de l’archidiocèse de Bukavu, et Lambert Museka, de l’archidiocèse de Kananga. Selon son témoignage, les deux ecclésiastiques auraient été victimes de ces pratiques alors qu’ils se rendaient à leurs cours à Mont-Ngafula.
Toujours selon le récit de l’activiste, l’abbé Emmanuel Nyamankuru aurait été accusé par ces agents d’être un collaborateur de Corneille Nangaa. Pour obtenir sa libération, il aurait été contraint de verser 700 dollars américains, une somme destinée au paiement de ses frais académiques.
Face à cette situation, le président de l’ASADHO appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ces pratiques. Il déplore le retour de méthodes qu’il situe dans la période 2015-2018 et qui, selon lui, avaient disparu avec l’avènement de Félix-Antoine Tshisekedi au pouvoir.
Zephyrin Amboka Pengume
