Depuis sa cellule de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, l’ancien directeur général adjoint de la Régie de l’assainissement de Kinshasa (RASKIN), Mukoko Mudipanu Fils Benoît, connu sous le nom de Fils Mukoko, a adressé une lettre ouverte au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
Arrêté à la suite de propos jugés xénophobes et incitant à la haine, ce membre du parti présidentiel dénonce, dans sa correspondance, son incarcération pour des déclarations qu’il considère comme l’expression d’un engagement patriotique.
« Mon incarcération pour des déclarations que je considère comme l’expression d’un engagement patriotique risque de créer un sentiment de découragement chez de nombreux Congolais qui souhaitent s’impliquer dans la défense de leur pays. La liberté d’expression, le débat démocratique et l’engagement citoyen doivent demeurer des valeurs fondamentales de notre pays », écrit-il.
Au-delà de sa situation personnelle, Fils Mukoko attire également l’attention du chef de l’État sur les conditions de détention à la prison centrale de Makala, qu’il juge particulièrement alarmantes. Il évoque notamment une surpopulation carcérale préoccupante.
« La prison centrale de Makala aurait été initialement conçue pour accueillir environ 1 500 détenus. Pourtant, sa population carcérale actuelle serait de 20 000 personnes », affirme-t-il dans sa lettre.
Selon l’ancien responsable de la RASKIN, cette surpopulation entraîne de graves conséquences sanitaires pour les détenus. Il cite notamment la tuberculose, le choléra, les infections ainsi que les plaies liées à la précarité des conditions d’hygiène et de santé. Il fait également état d’environ 5 000 détenus qui seraient dans un état de santé très critique.
Face à cette situation, Fils Mukoko estime qu’une intervention urgente s’impose. Il plaide pour l’adoption de mesures sanitaires appropriées et la mise en place d’une politique pénitentiaire respectueuse des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
Zéphyrin Amboka Pengume
