Une nouvelle attaque attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF-MTM) a endeuillé la localité de Baswagha-Lubena, dans le groupement Baswagha-Madiwe, en territoire de Beni, au Nord-Kivu. L’incursion, survenue dans la nuit du jeudi au vendredi 6 novembre 2026, a coûté la vie à au moins 33 civils et provoqué d’importants dégâts matériels.
Les assaillants ont d’abord investi la cité de Cantine, où ils ont ciblé trois quartiers, notamment Lubumbashi, Kananga et Yambiyaya. Vingt personnes y ont été tuées et plusieurs habitations incendiées.
Après leur passage à Cantine, les assaillants ont poursuivi leur progression vers le village de Kange, situé à quelques kilomètres de la cité. Quatre autres civils y ont été tués. Leur parcours meurtrier s’est ensuite poursuivi jusqu’aux abords de la rivière Ebiena, où neuf autres personnes ont perdu la vie. Des informations font également état d’autres victimes au-delà de cette rivière, sans qu’un bilan précis soit encore disponible.
Outre les pertes en vies humaines, plusieurs maisons et motos ont été incendiées au cours de cette incursion.
« Les dégâts sont énormes dans l’agglomération de Cantine. J’ai personnellement compté vingt corps seulement ici à Cantine », témoigne Musubao Tcheche Aliamini, président de la société civile de la localité de Baswagha-Lubena.
Face à cette situation, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Évariste, a dépêché une délégation sur place. Celle-ci est composée de l’administrateur militaire du territoire de Beni et du commandant des opérations Sokola 1 Grand Nord. Cette mission vise à évaluer la situation sécuritaire et à envisager des mesures appropriées, notamment le lancement d’opérations militaires contre les assaillants, qui se sont retirés après leur forfait.
La présence de ces autorités militaires sur le terrain est saluée par la société civile locale, qui y voit un signe d’espoir pour les populations durement éprouvées par cette nouvelle tragédie.
Son président, Musubao Tcheche Aliamini, affirme toutefois que les assaillants ont réussi à contourner les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Une situation qui suscite des interrogations au sein de la population sur les circonstances de cette infiltration.
« L’ennemi a contourné les positions des militaires FARDC. La population pense que l’armée a donné un couloir aux assaillants. Toutefois, nous n’oublions pas que ce sont des terroristes. Leur mission est de semer la terreur. Nous avons confiance en notre armée et pensons que la situation sécuritaire sera vite maîtrisée », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle violence est à la base du déplacement massif des habitants vers les zones supposées sécurisées.
Gires Kasongo
